Encyclopedie multimedia de la Shoah

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Bildarchiv Preussischer Kulturbesitz
  Internés au travail forcé. Photo prise au cours d’une inspection SS dans le camp de concentration de Dachau, Allemagne, 28 juin 1938.
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  LE TRAVAIL FORCÉ  

 

L'idéologie nazie considérait le travail manuel forcé comme le moyen de prédilection non seulement pour punir les opposants intellectuels, mais aussi pour "éduquer" les Allemands afin qu'ils acquièrent une "conscience de race" et soutiennent les objectifs raciaux du national-socialisme. Dès l'hiver 1933, avec la création des premiers camps de concentration et des sites de détention, le travail forcé --souvent vide de sens et humiliant, et imposé sans que ne soient fournis l'équipement, l'habillement, la nourriture ou le repos adéquats-- constitua un élément central du régime concentrationnaire.

A partir de 1938, les nazis exploitèrent de plus en plus le travail forcé des "ennemis de l'Etat" pour en tirer un profit économique, mais aussi comme solution à la grave pénurie désespérée de main-d'œuvre. Cette politique prit un nouvel essor au printemps 1942, à la suite de changements dans l'administration des camps de concentration. Par exemple, dans le camp d'Auschwitz-Monowitz, situé en Pologne, des dizaines de milliers de prisonniers juifs furent employés au travail forcé dans l'usine de caoutchouc synthétique de Buna, propriété du conglomérat de la chimie I.G. Farben.

 

 

Les nazis imposèrent le travail forcé aux civils juifs à la fois dans et hors des camps de concentration, et ce, dès avant la guerre. A la fin de 1938, la plupart des hommes juifs résidant en Allemagne étaient contraints au travail forcé par diverses autorités du Reich. En Pologne occupée, les autorités allemandes organisèrent le travail forcé pour les Juifs dans le voisinage des ghettos, que ces ghettos aient été fermés ou non, et dans des camps de concentration spéciaux pour les Juifs sous juridiction SS, civile allemande ou militaire allemande. Par exemple, dans le ghetto de Lodz, les nazis installèrent 96 usines et ateliers qui produisaient des marchandises pour contribuer à l'effort de guerre allemand. En Union Soviétique occupée, et ailleurs, après le début de l'extermination systématique, le travail forcé des Juifs fut exploité presque exclusivement dans les camps de concentration.

Lorsque les nazis commencèrent à mettre en oeuvre la "solution finale", la capacité à travailler devint souvent une chance de survie. Les Juifs qui étaient jugés inaptes au travail étaient les premiers à être abattus ou déportés.

 

 

Dès la création du Gouvernement général de Pologne, en octobre 1939, tous les hommes juifs et de nombreux polonais furent contraints d'accomplir un travail forcé sans salaire au profit des autorités d'occupation allemandes. A partir de 1940, les autorités allemandes raflèrent des civils polonais, hommes et femmes, et les déportèrent vers le Reich pour le travail forcé dans les usines et les fermes allemandes.

 

 

Par ailleurs, les nazis mirent soigneusement en application une politique "d'annihilation par le travail", dans le cadre de laquelle certaines catégories de prisonniers étaient condamnés à mort par épuisement ; en d'autres termes, ils furent placés dans des conditions qui conduisaient directement et délibérément à la maladie, aux blessures et à la mort. Par exemple, au camp de concentration de Mauthausen, les prisonniers étaient contraints de monter en courant les 186 marches à la sortie de la carrière de pierres en portant de lourds fardeaux.

Après l'invasion allemande de l'Union Soviétique en juin 1941, les Allemands laissèrent mourir les prisonniers de guerre soviétiques par manque de soins (nourriture, habillement, abri ou soins médicaux insuffisants). Cependant, au printemps 1942, les autorités allemandes commencèrent à employer les survivants dans différentes usines importantes à l'effort de guerre. Des centaines de milliers de civils soviétiques furent aussi déportés de force en Allemagne, en Autriche et en Bohême-Moravie, la plupart incarcérés dans ce que l'on appelait alors des camps de résidence. Ils y furent soumis au travail forcé.

A la fin de la guerre, des millions de personnes déplacées non allemandes restaient encore en Allemagne, victimes de la politique nazie de déportation et de travail forcé dans le Reich.

 


Articles en Anglais

 
Forced Labor
 


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