Encyclopedie multimedia de la Shoah

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United States Holocaust Memorial Museum
  Vue de baraques dans le camp de Natzweiler, qui constituait une partie du camp de concentration de Natzweiler-Struthof. Natzweiler-Struthof, France, après le 30 septembre 1944.
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  STRUTHOF-NATZWILLER  

 

La SS créa le camp de concentration du Struthof-Natzwiller, dans les Vosges, près de Natzwiller, à côté du village de Schirmeck, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Strasbourg, en Alsace annexée au Reich. L'emplacement du camp fut choisi à cause de la présence d'une carrière de granite desaffectée ; avant la guerre, il y avait une petite station de sports d'hiver. Il s’agit d’un camp de concentration de dimensions réduites. Jusqu’à l’achèvement des travaux de construction du camp, en mai 1941, les prisonniers dormaient à l’hôtel du Struthof, situé non loin de l’emplacement du camp, d’où le nom du camp. Celui-ci interna environ 1 500 détenus, utilisés comme main-d’oeuvre dans la carrière, dans des projets de construction et pour l’entretien du camp. Les premiers détenus, 300 Allemands, arrivèrent en mai 1941.

A partir de l’été 1943, de nombreux prisonniers «Nuit et Brouillard» furent détenus au Struthof, dans un bloc spécial. L’opération «Nuit et Brouillard» (Nacht und Nebel) était dirigée contre la Résistance anti-allemande de plus en plus active en Europe occidentale. Les personnes suspectées d’actes de résistance étaient arrêtées, sans que leurs familles en soient informées : les prisonniers disparaissaient dans la «nuit et le brouillard» précisément. De nombreux prisonniers du camp du Struthof étaient membres de la Résistance française.

 

 
Les principaux camps nazis en Europe, janvier 1944
Autres cartes

En août 1943, une chambre à gaz fut construite en dehors des limites du camp, dans l’un des bâtiments de l’hôtel. Plus de 130 Juifs envoyés d'Auschwitz furent gazés et leurs corps envoyés à l’Institut d’anatomie de l’Université de Strasbourg, où le Professeur August Hirt constituait une collection de squelettes juifs en vue d’études raciales. La chambre à gaz fut également utilisée pour des expériences médicales pseudo-scientifiques sur les gaz toxiques. Les victimes de ces expériences furent principalement des Tsiganes en provenance d’Auschwitz. Par ailleurs, des prisonniers furent soumis à des expériences visant à mettre au point un traitement contre le typhus et la fièvre jaune.

A partir de 1944, la main-d’œuvre fournie par les prisonniers des camps de concentration devint de plus en plus importante pour la production allemande d’armements. Les Allemands utilisèrent les prisonniers du camp du Struthof comme main-d’oeuvre forcée pour la fabrication d’armes et la construction d’ateliers de production souterrains (et donc hors de portée des bombardements alliés dont les cibles privilégiées étaient les complexes industriels).

 

 

LES KOMMANDOS DU STRUTHOF
 
Plus de 80 sous-camps, situés en Alsace-Lorraine ainsi que dans les provinces allemandes voisines du Pays de Bade et du Württemberg, dépendaient du camp du Struthof . A l’automne 1944, on comptait environ 7 000 prisonniers dans le camp principal et plus de 20 000 dans les différents sous-camps.

 

 
Camp de Natzweiler-Struthof
1941 – 1946

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LA LIBERATION DU STRUTHOF
 
A l’approche des forces alliées en septembre 1944, le camp principal fut évacué et les prisonniers répartis dans les différents kommandos. D'autrs furent créés de l'autre côte du Rhin. En mars 1945, les Allemands démantelèrent les kommandos et soumirent la plupart des prisonniers à des marches de la mort – marches forcées sur de longues distances et dans des conditions extrêmement brutales – vers le camp de Dachau, dans le sud de l’Allemagne. De mai 1941 à mars 1945, plus de 10 000 personnes trouvèrent la mort dans le réseau de camps de concentration du Struthof-Natzwiller. Ce camp de concentration fut le seul construit sur le sol français.

 


Articles en Anglais

Articles complémentaires

Natzweiler-Struthof
France
Les camps de concentration, 1939-1942
Les camps de concentration, 1942-1945


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Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France