Encyclopedie multimedia de la Shoah

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Juedisches Museum Frankfurt am Main
  Camp tsigane dans le ghetto de Lodz. Pologne, 1941-1944.
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  LODZ  

 

La ville de Lodz se trouve à 120 kilomètres au sud-ouest de Varsovie, en Pologne. Les Juifs de Lodz formaient la deuxième communauté en nombre dans Pologne d’avant-guerre, après celle de Varsovie. Les troupes allemandes occupèrent Lodz une semaine après l’invasion de la Pologne par l’Allemagne le 1er septembre 1939. La ville fut annexée à l’Allemagne et incorporée dans la province du Warthegau. Elle fut rebaptisée Litzmannstadt, du nom du général allemand qui l’avait prise au cours de la Première Guerre mondiale.

Au début de février 1940, les Allemands créèrent un ghetto dans la partie nord-est de Lodz. Plus de 150 000 Juifs, soit plus d’un tiers de la population de la ville, y furent confinés dans un espace réduit.

 

 
La Pologne en 1933, avec situation de Lodz
Autres cartes

Les Allemands isolèrent le ghetto du reste de la ville au moyen de fils de fer barbelés. Des unités spéciales de la police étaient chargées de surveiller le périmètre. L’ordre à l’intérieur du ghetto relevait de la responsabilité de la police juive. Le ghetto était subdivisé entre trois zones par l’intersection de deux routes. L’intersection elle-même se trouvait à l’extérieur du ghetto. Des ponts construits au-dessus de ces deux voies reliaient entre elles les trois zones du ghetto. Les tramways destinés au transport de la population non-juive traversaient le ghetto mais n’étaient pas autorisés à s’arrêter dans son enceinte.

Lodz avait été le plus important centre industriel dans la Pologne d’avant-guerre, et le ghetto de Lodz devint un centre de production de premier plan sous l’occupation allemande. Dès mai 1940, les Allemands ouvrirent des usines dans le ghetto et utilisèrent les Juifs comme main-d’œuvre forcée. En août 1942, on y comptait près de 100 usines. Les principales fabriquaient des produits textiles, notamment des uniformes pour l’armée allemande. Mordechai Chaim Rumkowski, président du conseil juif du ghetto de Lodz, espérait éviter la destruction du ghetto en le rendant le plus productif possible. Il pensait que la main-d’œuvre juive devenu indispensable permettrait d’éviter la déportation et le maintien du ghetto jusqu’à la fin de la guerre.

 

 

Les conditions de vie à l’intérieur du ghetto étaient terribles. La quasi-totalité des habitations n’y disposait pas d’eau courante ni d’égouts. La dureté des conditions de travail, le surpeuplement et la dénutrition étaient la règle. L’écrasante majorité des habitants travaillaient dans les usines allemandes, ne recevant que de maigres rations alimentaires de leurs employeurs. Plus de 20% de la population mourut des suites directes de la dureté de ces conditions de vie.

 

 

LES DEPORTATIONS DANS LE GHETTO DE LODZ
 
En 1941 et 1942, près de 40 000 Juifs furent déportés dans le ghetto de Lodz: 20 000 en provenance d’Allemagne, d’Autriche, du protectorat de Bohême et de Moravie et du Luxembourg, et près de 20 000 de petites villes du Warthegau. Environ 5 000 Tsiganes, originaires pour la plupart de la province du Burgenland, furent également déportés dans le ghetto, où ils furent confinés dans un bloc de bâtiments séparé des autres.

LES DEPORTATIONS DES HABITANTS DU GHETTO DE LODZ
 
En janvier 1942, les autorités allemandes commencèrent à déporter les Juifs du ghetto de Lodz vers le camp d’extermination de Chelmno. En septembre 1942, 70 000 Juifs et 5 000 Tsiganes y avaient été déportés. Dans ce camp, une unité spéciale des SS était chargée de tuer les arrivants. Avant leur déportation, les Juifs étaient regroupés dans des lieux de rassemblement à l’intérieur du ghetto. Au début, les Allemands demandaient au conseil juif d’établir des listes de déportés. Comme cette méthode ne permettait pas d’atteindre les quotas escomptés, les Allemands eurent bientôt recours aux rafles, pendant lesquelles des centaines de Juifs, des enfants, des personnes âgées et des malades, étaient exécutées.

Entre septembre 1942 et mai 1944, il n’y eut pas de déportation importante de Juifs de Lodz. Le ghetto ressemblait à un camp de travail. Au printemps 1944, les nazis décidèrent de détruire le dernier ghetto encore existant en Pologne, avec une population d’environ 75 000 Juifs en mai 1944. En juin et en juillet 1944, les déportations reprirent au départ de Lodz, et environ 3 000 Juifs furent déportés à Chelmno. Les Allemands faisaient croire aux habitants du ghetto qu’ils allaient être transférés dans des camps de travail en Allemagne. Les 60 000 Juifs survivants furent déportés vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau en août 1944.

 


Articles en Anglais

Articles complémentaires

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Les Conseils juifs (Judenraete)
Les ghettos


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