Encyclopedie multimedia de la Shoah

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American Jewish Joint Distribution Committee
  Un convoi de 200 enfants juifs, fuyant la violence antisémite d’après-guerre en Pologne, arrive à la gare de Prague. Les enfants sont en route vers un camp de personnes déplacées de la zone d’occupation américaine en Allemagne. Prague, ...
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  LES PERSONNES DÉPLACÉES : ADMINISTRATION  

 

Même dans la confusion des années de guerre, les puissances alliées prévoyaient que la question des réfugiés se poserait avec acuité après la défaite de l'Allemagne nazie. Dès 1943, les forces alliées commencèrent à dresser des plans pour faire face au défi de la libération, de la reconstruction et du rapatriement des millions de personnes déplacées qui passeraient sous le contrôle allié. Pensant que ces personnes voudraient rapidement rentrer dans leurs pays d'origine, les Américains, les Britanniques, les Français et les Soviétiques (qui, pour chacune d'entre eux, occupaient un secteur déterminé de l'Allemagne et de l'Autriche) confièrent à leurs armées l'aide et le soutien immédiats aux réfugiés.

Ce colossal effort de secours était prévu pour durer au maximum six mois. Entre mai et décembre 1945, les militaires, avec les équipes de secours civiles de l'Administration des Nations Unies pour le secours et la reconstruction (UNRRA), réussirent à rapatrier plus de six millions de personnes déplacées. Mais l'armée était mal préparée pour s'occuper du million de réfugiés, venant essentiellement d'Europe orientale, et au nombre desquels se trouvaient 50 000 Juifs, qui refusèrent de regagner les territoires où leurs familles avaient été massacrées et où l'antisémitisme était toujours sous-jacent. Les Juifs déplacés restèrent ainsi sous la tutelle de l'UNRRA et des forces d'occupation, surtout américaines et britanniques. Le traitement souvent très dur imposé à ces personnes déplacées entre avril et août 1945 grèva l'image des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne pendant les mois qui suivirent la libération.

 

 
Principaux camps de personnes déplacées pour les Juifs, 1945-1946
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DE LA LOI MILITAIRE A L'AUTONOMIE INTERNE
 
Trois jours après la libération de Bergen-Belsen, Josef Rosensaft fut élu à la tête du premier Comité de Juifs déplacés. Des comités similaires furent constitués dans d'autres camps de personnes déplacées. Cependant, les relations entre ces Juifs et les autorités militaires alliées se tendirent rapidement. Des couvre-feux furent imposés et les personnes déplacées reçurent des rations limitées. Beaucoup d'entre elles devaient porter leurs uniformes de camp de concentration et étaient souvent hébergées dans des camps avec des Polonais et d'autres Européens non-juifs, voire avec des collaborateurs nazis.

Les aumôniers israélites de l'armée américaine firent office de représentants des Juifs déplacés pendant les premiers mois, en transportant leur courrier et leurs demandes. Malgré cela, les relations entre les survivant juifs et l'armée se détériorèrent au point que le président Harry Truman chargea Earl G. Harrison - doyen de la Faculté de Droit de l'Université de Pennsylvanie et représentant des Etats-Unis au sein du Comité inter-gouvernemental sur les réfugiés - de réaliser une étude sur les camps de personnes déplacées. En août 1945, Harrison recommanda que les Juifs soient reconnus comme constituant un groupe distinct, qu'ils soient placés dans des camps exclusivement juifs, et qu'on les assiste en vue d'une future émigration hors d'Allemagne. Suite aux instructions du président Truman, le général Dwight D. Eisenhower suivit rapidement ces recommandations. A la fin de l'année 1945, les camps étaient entièrement administrés par l'UNRRA et d'autres organismes, dont la plus importante fut le Comité conjoint de distribution juif américain (le Joint, JDC). Au début 1946, ces agences et les armées alliées reconnurent une nouvelle autorité de facto - les Juifs déplacés organisés eux-mêmes.

 

 

En février 1946, un Congrès des comités de Jiifs déplacés élut le Comité central des Juifs libérés en zone américaine. Zalman Grinberg et Samuel Gringauz en devinrent les représentants officiels. De même, en septembre 1945, à Bergen-Belsen, Josef Rosensaft devint le représentant reconnu pour la zone d'occupation britannique. Lorsque les Américains autorisèrent les Juifs fuyant la Pologne à entrer dans la zone américaine, l'UNRRA et le JDC fournirent l'approvisionnement aux camps de personnes déplacées, et un Comité juif gérant chaque camp, le "Sh'erit ha-Pletah", se prépara à entrer dans une brève période d'autonomie.

 

 

MISE EN PLACE D'UNE SOCIETE JUIVE
 
Vers la mi-1947, le nombre des Juifs déplacés en Allemagne, en Autriche et en Italie atteignait les 250 000. Ce nombre comprennait les 150 000 Juifs polonais survivants ou rapatriés d'Union Soviétique, qui avaient fuit l'Europe orientale après le pogrom de Kielce, en Pologne, (4 juillet 1946). Ce pogrom provoqua la mort de 42 Juifs. La violence anti-juive largement répandue dans le sud de la Pologne convainquit de nombreux survivants qu'ils ne pourraient pas retourner dans la région où ils habitaient avant la guerre.

Les Comités centraux des zones américaine et britannique mirent en place des sociétés de travail dans les camps de personnes déplacées avec l'aide de l'UNRRA. A partir de 1948, ils s'appuyèrent sur l'organisme qui lui succéda (l'Organisation internationale de Secours (International Relief Organization : IRO)), et sur des organisations juives de secours telles que la JDC et son équivalent britannique, l'Unité de secours juif (Jewish Relief Unit : JRU). Ils créèrent des services qui aidaient les survivants à retrouver la trace de leurs parents, à rassembler du matériel religieux et pédagogique, et à organiser à des manifestations culturelles et sportives. L'Organisation pour la réhabilitation par la formation (Organization for Rehabilitation through Training : ORT) forma des Juifs pour qu'ils puissent entrer dans la vie professionnelle. Les dirigeants des Comités centraux faisaient office de représentants reconnus des Juifs déplacés auprès des autorités alliées.

Finalement, les membres de la "Sh'erit ha-Pletah" commencèrent à protester contre leur séjour prolongé dans les camps de personnes déplacées et à dénoncer les Britanniques qui refusaient à la fois de reconnaître les Juifs comme formant un groupe distinct et d'autoriser leur immigration en Palestine. A la fin de l'année 1946, le président Truman donna l'ordre que la préférence fût donnée aux personnes déplacées dans les quotas d'immigration limités aux Etats-Unis. Grâce à cette directive de Truman, 17 000 Juifs déplacés entrèrent aux Etats-Unis. En 1948, puis à nouveau en 1950, le Congrès adopta des lois permettant une immigration plus facile des réfugiés en Amérique. Ces lois, ainsi que la création de l'Etat d'Israël en mai 1948, encouragèrent les Juifs déplacés à quitter l'Europe en masse et à s'installer pour l'essentiel en Israël et aux Etats-Unis. Les Comités centraux furent dissous en 1951, et en 1952 tous les camps de personnes déplacées avaient été fermés sauf un, qui perdura jusqu'en 1956.

 


Articles en Anglais

Articles complémentaires

Displaced Persons: Administration
Les personnes déplacées
Les conséquences de la Seconde Guerre mondiale
La crise des réfugiés après la guerre et la création de l'Etat d'Israël


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