Encyclopedie multimedia de la Shoah

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Bildarchiv Preussischer Kulturbesitz
  Juifs allemands, portant des pièces de tissu identificatrices, avant leur déportation vers Theresienstadt. Wiesbaden, Allemagne, août 1942.
Autres photographies
  TEREZIN (THERESIENSTADT)  

 

Le 24 novembre 1941, les Allemands créèrent un ghetto juif dans la ville fortifiée de Terezin, en Tchécoslovaquie. Désigné sous son nom allemand Theresienstadt jusqu’à sa libération, le 8 mai 1945, il fit fonction de ghetto et de camp de transit sur le chemin menant à Auschwitz. La plupart des personnes déportées étaient des Juifs allemands, tchèques, néerlandais et danois ; des Juifs âgés et célèbres qui pouvaient servir d'otages et des anciens combattants de la Première Guerre mondiale y furent également envoyés.

SUBTERFUGE NAZI
 
Terezin joua un rôle important dans la propagande allemande. La déportation des Juifs d’Allemagne avait pour objectif déclaré «leur réinstallation à l’est» où ils seraient astreints à des travaux forcés. Comme il ne semblait guère plausible que des Juifs âgés puissent être employés à des travaux forcés, les Nazis utilisèrent le ghetto de Terezint pour camoufler la nature des déportations. Dans la propagande nazie, Terezin était cyniquement décrit comme une « station thermale » où les Juifs allemands âgés pouvaient, en toute sécurité, «prendre leur retraite». Les déportations à Terezin faisaient cependant partie de la stratégie nazie de duperie. Le ghetto devint en réalité un centre de rassemblement pour les déportations dans les ghettos et les camps d’extermination de l’Europe orientale occupée par les Nazis.

 

 
Les environs de Theresienstadt, 1944
Autres cartes

Cédant aux pressions exercées après la déportation des Juifs danois à Terezin, les Allemands autorisèrent la visite de la Croix-Rouge internationale en juin 1944. Ce ne fut qu’une vaste mise en scène. Peu avant la visite, les Allemands intensifièrent les déportations des internés du ghetto qui fut lui-même "embelli". Des jardins furent plantés, les maisons peintes et les baraquements remis à neuf. Les Nazis organisèrent des activités culturelles et sociales pour ces visiteurs de marque. Une fois la visite terminée, les Allemands reprirent les déportations des internés de Terezin jusqu’en octobre 1944.

DÉPORTATIONS DES HABITANTS DE TEREZIN
 
Début 1942, les autorités SS déportèrent les Juifs de Terezin vers d’autres ghettos, camps de concentration et camps d’extermination de l’Europe orientale occupée par les Nazis. Les autorités allemandes assassinèrent les Juifs à leur arrivée dans les ghettos de Riga, Varsovie, Lodz, Minsk et Bialystok, ou les déportèrent dans des camps d’extermination. Des convois quittèrent également Terezin pour les camps d’extermination d’Auschwitz, Maïdanek et Treblinka. Dans le ghetto même, plusieurs milliers de personnes moururent, principalement de maladie ou de faim. En 1942, le taux de mortalité y était si élevé que les Allemands installèrent – dans le sud du ghetto – un four crématoire capable de brûler près de 200 corps par jour.

 

   
Hana naquit au sein d'une famille juive à Prague, en Tchécoslovaquie. Son ...
Les témoignages
 
 

 

Sur les 140 000 Juifs transférés à Terezin, près de 90 000 furent déportés plus à l’est vers une mort quasi certaine. Environ 33 000 moururent dans le ghetto même.

 

 
Theresienstadt
1941 – 1945

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VIE CULTURELLE À TEREZIN
 
En dépit des effroyables conditions de vie et de la menace constante de la déportation, une vie culturelle de grande qualité s’était organisée à Terezin. D’éminents artistes juifs, originaires principalement de Tchécoslovaquie, d’Autriche et d’Allemagne, produisirent dessins et tableaux dont certains, réalisés clandestinement, représentent la dure réalité du ghetto. Écrivains, professeurs, musiciens et acteurs donnaient des conférences, des concerts et des pièces de théâtre. Le ghetto entretenait une bibliothèque de prêt riche de 60 000 volumes.

Quinze mille enfants passèrent par Terezin. Malgré les interdictions, ils furent scolarisés. Ils dessinaient, écrivaient des poèmes et tentaient de conserver un reste de normalité. Près de 90% d’entre eux périrent dans les camps de la mort.

 


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Les ghettos


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