Encyclopedie multimedia de la Shoah

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DIZ Muenchen GMBH, Sueddeutscher Verlag Bilderdienst
  Deux Juives allemandes portant l’étoile jaune. Allemagne, 27 septembre 1941.
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  LES JUIFS ALLEMANDS PENDANT LA SHOAH, 1939-1945  

 

En dépit de l'émigration d'environ 300 000 Juifs allemands pendant les années qui suivirent l'arrivée des nazis au pouvoir, il restait près de 200 000 Juifs en Allemagne au début de la Seconde Guerre mondiale. Pendant la guerre, les Juifs d'Allemagne, ainsi que de toutes les autres régions d'Europe occupées par l'Allemagne, furent déportés et exterminés dans le cadre de la "Solution finale".

Après l'éclatement de la guerre en septembre 1939, le gouvernement imposa de nouvelles restrictions aux Juifs qui restaient dans le Reich. Ils furent contraints de respecter un couvre-feu strict et l'accès de certains quartiers des villes leur fut interdit. Lorsque le rationnement alimentaire commença, les Juifs reçurent des rations moins importantes que celles des non-Juifs, et il leur fut interdit d'acheter certains aliments. Les horaires auxquels les Juifs étaient autorisés à acheter de la nourriture et d'autres marchandises furent aussi limités. Les autorités allemandes ordonnèrent également aux Juifs de remettre à la police leurs postes de radio, appareils électriques, vélos et voitures. En septembre 1941, les nazis interdirent aux Juifs l'utilisation des transports publics et exigèrent que tous les Juifs âgés de plus de six ans portent l'étoile jaune. Alors que des ghettos n'avaient pas encore été créés dans toute l'Allemagne, des décrets de zone de résidence stricts imposèrent aux Juifs de résider dans certains quartiers des villes allemandes. Ils furent ainsi regroupés dans des "maisons juives".

 

 
Les déportations de Juifs à partir de la Grande Allemagne, 1941-1944
Autres cartes

Les premières déportations de Juifs du Reich allemand eurent lieu en février 1940, dans le cadre du Plan Nisko et Lublin. Ce plan prévoyait la création d'une "réserve" juive dans la région de Lublin au sein du Gouvernement Général de Pologne. Ce plan échoua car la ville de destination prévue, Nisko, n'était pas complètement prête pour recevoir les déportés, et il semble que les fonctionnaires allemands du Gouvernement Général s'opposèrent à l'arrivée en Pologne d'un plus grand nombre de Juifs venant d'Allemagne. En juillet 1940, les Juifs d'Alsace furent expulsés vers l'Ouest. En août, se fut le tour de ceux de Moselle et du Luxembourg. Une autre vague de déportation de Juifs allemands eut lieu en octobre 1940, lorsque les Gauleiters Wagner et Buerckel décidèrent d'expulser les Juifs du pays de bade et du Palatinat. Quelque 7 500 Juifs des régions de ces régions du sud-ouest de l'Allemagne, furent déportés vers la France. Là, ils furent internés par l'administration française dans le camp de Gurs, dans les Pyrénées, camp créé et administré par les Français.

Les déportations systématiques de Juifs d'Allemagne commencèrent à la fin du mois de septembre 1941, avant même que les camps d'extermination ne soient créés en Pologne occupée. Entre octobre et décembre 1941, près de 50.000 Juifs furent déportés du Reich, principalement vers les ghettos de Lodz, Varsovie, Minsk, Kaunas (Kovno) et Riga. Les Juifs allemands envoyés dans les ghettos de Lodz et de Varsovie furent ensuite déportés avec les Juifs polonais dans les camps d'extermination de Chelmno, de Treblinka et d'Auschwitz.

 

 

Certains Juifs déportés du Reich allemand dans les ghettos des Etats baltes et de Biélorussie (y compris des Juifs d'Autriche et des territoires tchèques annexés de Bohême et de Moravie), furent abattus peu après leur arrivée par les Einsatzgruppen (unités mobiles d'extermination). Les Juifs qui survécurent aux premiers massacres furent enfermés dans des "Sections allemandes" spéciales, créées dans les ghettos de l'Est, où ils étaient séparés des Juifs locaux. De telles sections furent créés, par exemple, à Riga et à Minsk. La plupart des Juifs d'Allemagne furent assassinés lors de la destruction de ces ghettos. En 1942 et 1943, la majorité des Juifs qui restaient en Allemagne fut déportée directement dans les camps d'extermination, principalement à Auschwitz-Birkenau.

 

 

Les nazis déportèrent dans le ghetto de Terezin (Theresienstadt) les Juifs âgés ou célèbres d'Allemagne, d'Autriche, du protectorat de Bohême-Moravie, et quelques-uns d'Europe de l'Ouest, des Pays-Bas ou de Norvège. Pour la plupart d'entre eux, la déportation vers Terezin fut un prélude à la déportation vers l'est. Les Juifs furent en général transportés de Terezin vers les autres ghettos de Pologne et des Etats baltes, mais aussi directement dans les camps d'extermination de la Pologne occupée. Des dizaines de milliers de déportés moururent aussi dans le ghetto de Terezin, de faim ou à cause des épidémies qui se déclarèrent dans le camp.

Après les déportations massives, qui cessèrent au début de l'année 1943, il ne restait officiellement en Allemagne qu'environ 15 000 Juifs. Presque tous les Juifs déportés d'Allemagne furent assassinés. La plupart des Juifs qui restaient étaient mariés à des non-Juifs ou avaient été considérés comme des personnes "partiellement" juives. Ils furent à ce titre exclus des déportations jusqu'à la fin de la guerre. Plusieurs milliers de Juifs restèrent cachés en Allemagne. Au cours de la Shoah, les nazis assassinèrent environ 170 000 Juifs allemands.

 


Articles en Anglais

Articles complémentaires

German Jews during the Holocaust, 1939-1945
Allemagne : La population juive en 1933
L'émigration des Juifs allemands, 1933-1939


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Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France