Encyclopedie multimedia de la Shoah

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Central Zionist Archives
  Affiche en hébreu disant : “Aidez les secours, le Fonds de Recrutement et de Secours.” Palestine, 22 juillet 1943.
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  LA FUITE HORS DE L'EUROPE OCCUPÉE  

 

Avant même le début de la Seconde Guerre mondiale, un grand nombre de Juifs tentèrent de fuir les pays sous domination nazie. Entre 1933 et 1939, plus de 90 000 Juifs allemands et autrichiens se réfugièrent dans les pays voisins (France, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Tchécoslovaquie et Suisse). Une fois la Seconde Guerre mondiale commencée, le 1er septembre 1939, la fuite devint beaucoup plus difficile. L’Allemagne nazie autorisa légalement l’émigration du Reich jusqu’en 1941. Peu de pays cependant étaient disposés à accueillir des réfugiés juifs, et les conditions prévalant en temps de guerre entravaient les tentatives de fuite. En 1941 - 42, avec le début des meurtres systématiques de Juifs en Union Soviétique et la déportation des Juifs européens dans les camps d’extermination, la fuite devint littéralement une question de vie ou de mort.

La plupart des non-Juifs ne contribuèrent pas à la « solution finale » ni ne l’entravèrent, toutefois relativement peu de personnes aidèrent les Juifs à échapper à leur sort. Diverses organisations juives locales et internationales comme le Joint Distribution Committee (JDC), l’Agence juive pour la Palestine et le Congrès juif mondial dispensèrent leur assistance aux Juifs. En outre, des non-Juifs conscients, animés par leur opposition au nazisme, par des principes moraux et religieux ou par la simple compassion humaine, apportèrent leur aide aux Juifs, prenant parfois des risques personnels considérables.

 

 
Itinéraires de fuite de l'Europe occupée par l'Allemagne, 1942
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FUITE VERS LA POLOGNE OCCUPÉE PAR LES SOVIÉTIQUES ET A L’INTÉRIEUR DE L’UNION SOVIÉTIQUE
 
De 1939 à 1941, près de 300 000 Juifs polonais, soit près de 10% de la population juive polonaise, s’enfuirent des régions de la Pologne occupées par les Allemands pour se rendre en zone soviétique. Bien que les autorités soviétiques aient déporté plusieurs dizaines de milliers de Juifs en Sibérie, en Asie centrale et dans d’autres régions éloignées de l’intérieur du pays, la plupart réussirent à survivre. Après l’agression de l’Union Soviétique par l’Allemagne en juin 1941, plus d’un million de Juifs soviétiques s’enfuirent vers l’est, dans les parties asiatiques du pays, échappant à une mort certaine. En dépit des conditions de vie rigoureuses prévalant dans le monde soviétique, ceux qui s’y réfugièrent constituèrent le groupe de Juifs européens le plus important à avoir survécu à l’attaque nazie.

FUITE VERS LES PAYS NEUTRES
 
Si on estime à 20 000 le nombre de Juifs renvoyés à la frontière suisse, près de 30 000 furent admis en Suisse. L’Espagne autorisa près de 30 000 réfugiés juifs à pénétrer sur son territoire, principalement de 1939 à 1941. Ces réfugiés venant pour la plupart de France, reçurent l’autorisation de traverser l’Espagne pour se rendre au Portugal. La pression exercée par l’Allemagne réduisit le nombre de Juifs admis à entrer en Espagne à moins de 7 500 durant les années 1942-1944 ; les consuls espagnols délivrèrent cependant 4 à 5 000 visas (documents déterminants pour fuir) à des Juifs pour voyager dans diverses parties de l’Europe. Le Portugal (un pays neutre favorable aux Alliés) autorisa plusieurs milliers de Juifs à se rendre dans le port de Lisbonne. Des organisations juives américaines et françaises apportèrent leur aide aux réfugiés arrivés à Lisbonne pour les acheminer aux États-Unis et en Amérique du Sud.

 

 

La Suède, pays neutre, donna asile à quelques Juifs norvégiens en 1940 ainsi qu’à la quasi-totalité de la communauté juive danoise, en octobre 1943. Au Danemark, la Résistance organisa l’évasion de 7 000 Juifs danois et de 700 de leurs proches non-Juifs, en leur faisant traverser le détroit du Sund vers Malmö en Suède.

 

 

FUITE VERS LA PALESTINE VIA LES BALKANS
 
De 1937 à 1944, le mouvement sioniste organisa l’évasion de 18 000 Juifs d’Europe centrale et orientale vers la Palestine. Dans un premier temps, l’embarquement à destination des ports palestiniens se fit dans des ports grecs. Par la suite, les réfugiés juifs partirent des ports de la Mer Noire en Bulgarie et en Roumanie. Plusieurs bateaux devaient se ravitailler en carburant dans les ports turcs. Malgré les efforts investis par la Turquie pour empêcher ces bateaux d’accoster, plus de 16 000 Juifs traversèrent la Turquie pour se rendre en Palestine. Au cours d’un tragique accident, le Struma, un bateau transportant des réfugiés en route pour la Palestine, sombra au large des côtes turques. Bien que les causes du naufrage ne soient pas définitivement connues, on suppose que le Struma fut torpillé par erreur par un sous-marin soviétique.

FUITE VERS LES RÉGIONS OCCUPÉES PAR L’ITALIE
 
Dans les zones d’occupation italienne en Yougoslavie, en France et en Grèce, les forces italiennes protégèrent les Juifs. Du milieu de l’année 1942 à septembre 1943, l’Italie apporta son aide aux Juifs dans plusieurs régions placées sous sa domination, notamment en Dalmatie et en Croatie, où 5 000 Juifs trouvèrent refuge, le sud de la France où s’enfuirent au moins 25 000 Juifs, et la Grèce où 13 000 réfugiés juifs trouvèrent un abri temporaire. En dépit des protestations et des demandes incessantes des Allemands, des fascistes croates et de la police de Vichy, les autorités italiennes refusèrent de livrer ces Juifs. Les Italiens accordèrent également leur protection aux Juifs de Tunisie.

 


Articles en Anglais

Articles complémentaires

Escape from German-Occupied Europe
Le sauvetage des Juifs


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