Encyclopedie multimedia de la Shoah

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KZ Gedenkstaette Dachau
  Détenus travaillant dans une fabrique d’armements. Camp de concentration de Dachau, Allemagne, entre 1940 et 1945.
Autres photographies
  LES CAMPS DE CONCENTRATION, 1942-1945  

 

Suite à la défaite de l'armée allemande en décembre 1941, alors que celle-ci tentait de prendre Moscou, et après l'entrée en guerre des États-Unis, le 11 décembre 1941, les autorités allemandes comprirent qu'elles auraient à mener une guerre longue. En réponse au manque de plus en plus aigu de main-doeuvre et face à la nécessité d'accélérer la production d'armes, de machines, d'avions et de bateaux pour remplacer ceux qui avaient été perdus, la SS créa de nouvelles usines. La SS signa aussi des contrats avec des firmes privées, leur "louant" de la main-d'œuvre esclave des camps de concentration.

Ce genre de coopération entre la SS et l'industrie privée est bien illustrée par le cas de I.G. Farben, le gigantesque conglomérat de chimie. Cette entreprise établit, en 1942, une usine de caoutchouc synthétique à Auschwitz III (Buna-Monowitz). L'incarcération d'un nombre croissant de personnes dans ce camp assura la force de travail requise, et cela malgré les brutalités exercées à l'intérieur du camp, qui diminuaient le nombre de travailleurs disponibles. Les chambres à gaz et d'autres moyens permettaient d'"éliminer" les prisonniers qui n'étaient plus aptes au travail.

 

 
Les principaux camps nazis en Europe, janvier 1944
Autres cartes

De 1942 à 1944, des multitudes de kommandos (camps satellites) furent créés, qui dépendaient d'un camp principal. Ces "sous-camps" étaient situés près des usines, ou près de lieux d'extraction de matières premières. Le kommando de Wiener Neudorf, par exemple, établi à Mauthausen en 1943, était situé près d'une usine d'aviation au sud de Vienne, en Autriche ; Sosnowitz, camp satellite d'Auschwitz III - Buna-Monowitz, fut établi non loin d'une mine de charbon ; des prisonniers incarcérés à Dora-Mittelbau travaillaient dans des atroces conditions dans les fabriques souterraines pour la production de missiles. Les autorités centrales SS tentèrent d'influencer les commandants du camp pour qu'ils fassent l'effort de maintenir les prisonniers en vie, dans le seul but de servir l'effort de guerre. Cependant, peu de responsables prirent ces instructions au sérieux, et personne ne se souciait de changer la culture meurtrière qui sévissait dans les camps.

Pendant la dernière année de la guerre, alors que les forces allemandes étaient repoussées à l'intérieur des frontières du Reich proprement dit, les populations des camps de concentration (juives et non-juives) connurent des pertes catastrophiques, dues à la famine, au froid, aux maladies et aux mauvais traitements. De plus, les SS évacuaient les détenus des camps de concentration, au fur et à mesure que le front approchait, pour éviter leur libération ; ces "évacuations" sont connues sous le nom de marches de la mort. Sous la surveillance des gardes SS, les prisonniers furent évacués par marches forcées, dans le froid hivernal, sans nourriture adéquate, sans abri ou vêtement. Les gardes SS avaient pour instruction de tirer sur tous ceux qui ne pouvaient plus avancer. D'autres prisonniers furent évacués par camions ouverts, livrés au froid mortel de l'hiver.

 

 

Durant cette période, les camps de concentration servirent de cadre à des expériences médicales hideuses et perverses, exercées sur les prisonniers sans leur consentement, expériences qui furent souvent mortelles. A Dachau, par exemple, des scientifiques allemands menèrent des expériences sur des détenus pour calculer le temps de survie d'un homme en cas de réduction de la pression de l'air ou dans de l'eau glacée. Le but était d'améliorer les connaissances de la survie en altitude pour l'aviation allemande. A Sachsenhausen, diverses expériences furent conduites sur des prisonniers pour trouver des vaccins contre des maladies contagieuses mortelles. A Auschwitz III, le médecin SS Josef Mengele fit des expériences sur des jumeaux, pour chercher un moyen d'accroître la population allemande en augmentant le nombre de familles donnant naissance à des jumeaux. Ces expériences étaient criminelles et meurtrières ; elles étaient également basées, pour la plupart, sur une pseudo-science et sur des fantasmes racistes.

 

 

En 1944-1945, les armées alliées libérèrent les camps de concentration. Tragiquement cependant, la mortalité dans les camps allait continuer à sévir durant de nombreuses semaines après leur libération : bien des détenus étaient trop affaiblis pour survivre.

Selon les rapports de la SS, il restait plus de 700 000 détenus dans les camps en janvier 1945. Il a été estimé qu'environ la moitié du total des décès survenus entre 1933 et 1945 survint durant la dernière année de la guerre.

 


Articles en Anglais

Articles complémentaires

Concentration Camps, 1942-1945
Les camps de concentration, 1933-1939
Les camps de concentration, 1939-1942
Les camps nazis


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