Encyclopedie multimedia de la Shoah

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  L'UNION SOVIÉTIQUE ET LE FRONT DE L'EST  

 

L'Union des républiques socialistes soviétiques (l'U.R.S.S.) a été fondée en novembre 1917 par le Parti bolchevique. Dirigés par Lénine puis, après 1923, par Joseph Staline, les bolcheviques (qui s'appelèrent communistes plus tard) établirent un nouveau régime dans l'ancien Empire russe au terme d'une violente guerre civile en 1921.

L'Union soviétique, comme se dénommait cette nouvelle entité politique, appelait à la révolution communiste dans le monde au nom du prolétariat international et préconisait dans sa propagande la disparition à terme des distinctions nationales, culturelles, religieuses et économiques. Considérant que les élites ne renonceraient jamais au pouvoir, les communistes prévoyaient une révolution violente qui éliminerait les classes dominantes. En conséquence de cette prédiction, les sociétés bourgeoises d’Europe et d'Amérique du Nord allaient percevoir l'Union soviétique comme une menace culturelle et économique.

 

 

Hitler et les nationaux-socialistes voyaient les territoires de l'Union soviétique comme la principale zone de peuplement pour l'expansion future de la race allemande. Ils identifièrent le système soviétique à la politique d'expansion de la race juive. Dès la naissance du mouvement nazi en Allemagne, l'Union soviétique fut dépeinte comme un ennemi contre lequel une épreuve de force était inévitable.

Pendant les six premières années du régime, la propagande nazie attaqua durement l'Union soviétique et, en privé, Hitler évoqua à plusieurs reprises un conflit futur. Toutefois, en 1939, l'Allemagne nazie accepta une politique stratégique temporaire de coopération avec l'Union soviétique. Ce changement provisoire reflétait la décision tactique d'Hitler de garantir son flanc oriental pendant que l'Allemagne détruisait la Pologne et combattait la Grande-Bretagne et la France.

 

 

LES RELATIONS GERMANO-SOVIÉTIQUES ENTRE 1939 ET 1941
 
Le pacte germano-soviétique, également connu sous le nom de pacte Ribbentrop-Molotov - du nom des deux ministres des Affaires étrangères qui négocièrent l'accord - comportait deux parties. Un accord économique, signé le 19 août 1939, stipulait que l'Allemagne échangerait des produits finis contre des matières premières soviétiques. L'Allemagne nazie et l'Union soviétique devaient notamment signer un pacte de non-agression de dix ans le 23 août 1939, pacte en vertu duquel chaque signataire promettait de ne pas attaquer l'autre.

 

 

Le pacte germano-soviétique permit à l'Allemagne d'attaquer la Pologne le 1er septembre 1939, sans crainte d'une intervention soviétique. Le 3 septembre 1939, la Grande-Bretagne et la France, qui avaient promis, cinq mois plus tôt, de protéger les frontières de la Pologne, déclarèrent la guerre à l'Allemagne. Ces événements marquaient le début de la Seconde Guerre mondiale.

Le pacte de non-agression du 23 août comprenait un protocole secret qui prévoyait la division de la Pologne et du reste de l'Europe de l'Est en sphères d'intérêt soviétiques et allemandes. Conformément à ce plan, l'armée soviétique occupa et annexa la Pologne orientale à l’automne 1939. Le 30 novembre 1939, l'Union soviétique attaquait la Finlande, déclenchant une guerre d'hiver de quatre mois à la suite de laquelle l'Union soviétique annexa les régions limitrophes du territoire finlandais, particulièrement près de Léningrad. Sous l’oeil bienveillant des Allemands, l'Union soviétique prit des dispositions pour sécuriser sa sphère d'influence en Europe de l'Est en été 1940. Les soviétiques occupèrent et annexèrent les pays baltes et s’emparèrent des provinces roumaines de Bucovine du Nord et de Bessarabie.

Après que les Allemands eurent vaincu la France en juin 1940, les diplomates du Reich travaillèrent à renforcer les liens de leur pays en Europe du Sud-Est. La Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie rejoignirent toutes l'Axe en novembre 1940. Au printemps 1941, Hitler informe ses alliés de l'Europe de l'Est de son plan d’invasion de l'Union soviétique.

L'INVASION ALLEMANDE DE L'UNION SOVIÉTIQUE
 
Hitler avait toujours considéré le pacte de non-agression germano-soviétique comme une maoeuvre tactique, provisoire. Le 18 décembre 1940, il signait la Directive 21 (Opération au nom de code Barbarossa), le premier ordre opérationnel relatif à l'invasion de l'Union soviétique. Dès l’élaboration du plan opérationnel, les autorités allemandes militaires et de police avaient eu pour intention de mener une guerre d'annihilation contre l'Etat communiste aussi bien que contre les Juifs communistes de l'Union soviétique, qu'ils voyaient comme formant la base raciale de l'État soviétique.

Les forces allemandes envahirent l'Union soviétique le 22 juin 1941, moins de deux ans après la signature du pacte germano-soviétique. L'opération Barbarossa fut la plus grande opération militaire allemande de la Seconde Guerre mondiale. Trois corps d'armée, comprenant plus de trois millions de soldats allemands, soutenus par un demi-million de troupes alliées de l'Allemagne (la Finlande, la Roumanie, la Hongrie, l'Italie, la Slovaquie et la Croatie), attaquèrent l'Union soviétique sur un très large front, qui s’étendait de la Mer Baltique au nord à la Mer Noire au sud. Pendant des mois, Staline avait refusé de tenir compte des avertissements lançés par les pouvoirs occidentaux quant aux troupes allemandes rassemblées le long de la frontière. L'Allemagne réalisa ainsi une surprise tactique presque complète et les armées soviétiques reculèrent largement devant l'attaque. Des millions de soldats soviétiques encerclés, coupés de leurs sources de ravitaillement et de renforts furent faits prisonniers.

Au fur et à mesure que l'armée allemande avançait plus profondément à l’intérieur du territoire soviétique, les Einsatzgruppen (unités mobiles d'extermination) suivaient les troupes et menaient des opérations de meurtre de masse.

Début septembre 1941, les forces allemandes avaient atteint les portes de Leningrad au nord. Ils avaient pris Smolensk dans le centre et Dniepropetrovsk au sud. Des unités allemandes atteignirent les faubourgs de Moscou au début du mois de décembre. Or après des mois de campagne, l'armée allemande était épuisée. S'attendant à une débâcle soviétique rapide, les stratèges allemands n’avaient pas su équiper leurs troupes pour la guerre d'hiver. Qui plus est, la rapidité de l'avance allemande faisait que les forces avaient dépassé leurs lignes de ravitaillement. Elles étaient donc vulnérables en raison des grandes distances impliquées (Moscou est à près de 1 850 km à l'est de Berlin).

En décembre 1941, l'Union soviétique lança une contre-attaque majeure, repoussant les Allemands loin de Moscou. Ce ne fut que des semaines plus tard que les Allemands furent capables de stabiliser le front à l'est, à Smolensk. A l'été 1942, l'Allemagne reprit l'offensive massivement au sud et au sud-est en direction de la ville de Stalingrad (aujourd'hui Volgograd) sur la Volga et vers les gisements de pétrole du Caucase. Lorsque les Allemands réussirent à pénétrer dans Stalingrad en septembre 1942, la domination allemande de l'Europe avait atteint son extension géographique maximale.

LE FRONT ORIENTAL 1942-1944
 
Jusqu'à l'automne 1942, l'armée allemande vola de victoire en victoire. L'Europe était sous sa domination, de la France à la Volga, du cercle polaire arctique en Norvège aux rivages de l'Afrique du Nord. La bataille de Stalingrad s’avéra un tournant psychologique et militaire décisif, car elle mit un terme à une série de victoires allemandes et amorça la longue retraite vers l'ouest qui devait finir par la reddition de l'Allemagne nazie en mai 1945.

A la mi-novembre 1942, l'armée soviétique lança une contre-offensive massive contre la sixième armée allemande, environ 250 000 soldats, pour briser l'encerclement de Stalingrad, dans un terrible combat au corps à corps. Les troupes soviétiques encerclèrent et prirent au piège les forces allemandes. Au bout de six semaines de féroces combats au cours desquels les deux côtés essuyèrent de lourdes pertes, quelques 91 000 soldats allemands qui avaient survécu se rendirent entre le 31 janvier et le 2 février 1943.

Après sa victoire à Stalingrad, l'armée soviétique poursuivit l'offensive, libérant la majorité de l'Ukraine et pratiquement toute la Russie et la Biélorussie orientale au cours de l’année 1943. En été 1943 à Koursk, en Russie, les Allemands tentèrent bien encore une offensive, mais ils furent lourdement frappés par l'armée soviétique. A l'été 1944, les soviétiques lancèrent une nouvelle offensive majeure, qui libéra le reste de la Biélorussie et de l'Ukraine, les pays baltes et la Pologne orientale, de la domination nazie. En août 1944, les troupes soviétiques traversaient la frontière allemande en direction de la Prusse Orientale. En janvier 1945, une nouvelle offensive amena les forces soviétiques sur l’Oder, en Allemagne même, à environ 185 km de Berlin.

A la mi-avril 1945, l'armée rouge lança l'assaut final contre le Troisième Reich, s’emparant de Vienne le 13 avril et encerclant Berlin le 21 avril. Le 25 avril, les patrouilles de l'avant-garde soviétiques rencontraient les troupes américaines à Torgau sur l'Elbe, en Allemagne centrale, coupant de fait le pays en deux. Après plus d'une semaine de lourds combats dans les rues de Berlin, les unités soviétiques s’approchèrent du bunker du commandement central de Hitler. Le 30 avril 1945, Hitler se suicida. Berlin se rendit aux forces soviétiques le 2 mai 1945. Les forces armées allemandes capitulèrent sans condition à l'ouest le 7 mai et à l'est le 9 mai 1945. Le 9 mai, l'armée soviétique entra à Prague, la dernière ville importante encore occupée par les troupes allemandes. Les Alliés occidentaux proclamèrent le 8 mai 1945, jour de la Victoire en Europe (le VE Day).

 


Articles en Anglais

Articles complémentaires

The Soviet Union and the Eastern Front
L'Union Soviétique et l'Europe après 1945


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