Encyclopedie multimedia de la Shoah

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Bildarchiv Preussischer Kulturbesitz
  Vue, à travers les barbelés, des baraques des prisonniers du camp de concentration de Flossenbürg. Flossenbürg, Allemagne, 1942.
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  FLOSSENBÜRG  

 

En mai 1938, l'Office principal d'administration et d'économie de la SS construisit le camp de concentration de Flossenbürg, dans les montagnes de Haute-Bavière, près de la frontière tchéque. Flossenbürg était un camp pour hommes, principalement pour "asociaux" et "criminels". La SS les soumit au travail forcé, dans la carrière toute proche de la société allemande Fred und Steinwerke GmbH (Pierre et Terre), société lui appartenant.

En septembre 1939, les SS transférèrent 1 000 prisonniers politiques de Dachau - au sud de l'Allemagne - à Flossenbürg et vidèrent le camp de tous les autres détenus, envoyés à Buchenwald, Mauthausen et Flossenbürg. Le transfert de ces prisonniers permit aux Waffen SS (formations militaires de la SS) d'utiliser Dachau pour entraîner leur nouvelle division "Tête de Mort" (Totenkopf), une unité d'élite de la Waffen SS composée de gardes de camps de concentration.

 

 
Les principaux camps nazis en Europe, avec indication de Flossenbürg
Autres cartes

En 1941-1942, environ 1 500 prisonniers polonais, pour la plupart membres de la résistance, furent déportés à Flossenbürg. En juillet 1941, les gardes SS assassinèrent 40 prisonniers polonais au stand de tir des SS, à l'extérieur du camp. De février à septembre 1941, ils exécutèrent environ un tiers des prisonniers politiques.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande remit des dizaines de milliers de prisonniers soviétiques aux SS, en vue de leur exécution. A la fin de l'année 1941, plus de 1 000 prisonniers de guerre soviétiques avaient été assassinés à Flossenbürg. Les SS établirent également un camp spécial pour 2 000 prisonniers de guerre soviétiques, à l'intérieur même du camp. Les exécutions de prisonniers de guerre soviétiques continuèrent de façon sporadique en 1944. Des prisonniers de guerre soviétiques détenus à Mülsen Saint Micheln, un sous-camp de Flossenbürg, organisèrent une révolte et tentèrent de s'échapper en masse, le 1er mai 1944. Ils mirent le feu à leurs couchettes et tuèrent quelques Kapos du camp, prisonniers-gardiens aux ordres des SS. Les gardes SS maîtrisèrent la révolte et pas un seul prisonnier ne parvint à s'échapper. Environ 200 prisonniers périrent à la suite de brûlures et des blessures qui résultèrent de leur mutinerie. Les SS transférèrent environ 40 organisateurs de la révolte dans la partie principale du camp de Flossenbürg et les assassinèrent, plus tard, dans la prison du camp.

 

   
Bien que les parents de Julian, des catholiques polonais, eurent émigré ...
Les témoignages
 
 

 

En février 1943, il y avait plus de 4 000 prisonniers dans le camp principal. Plus de la moitié étaient des prisonniers politiques (pour la plupart soviétiques, tchèques, hollandais et allemands). Environ 800 détenus étaient des prisonniers allemands de droit commun, plus de 100 étaient homosexuels, et 7 étaient Témoins de Jéhovah. La majorité des prisonniers de Flossenbürg, durant toute la période durant laquelle ce camp exista, venait des territoires occupés par l'Allemagne à l'est de l'Europe.

 

 
Flossenbürg
1938 – 1945

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Pendant la guerre, le travail forcé des prisonniers devint de plus en plus important pour l'industrie allemande de production d'armement. En conséquence, les ramifications du camp de Flossenbürg s'accrurent, de façon à inclure une centaine de camps satellites, situés principalement près d'usines d'armement au sud de l'Allemagne et à l'ouest de la Tchécoslovaquie. En janvier 1945, il y avait environ 40 000 détenus (dont environ 11 000 femmes) à Flossenbürg et dans son réseau de kommandos. Ces prisonniers furent transformés en forçats, dans les carrières et les usines de production d'armement. La maladie, l'épuisement, la famine et les conditions misérables de "logement" provoquèrent parmi eux un taux élevé de mortalité.

Le 9 avril 1945, peu avant la libération par les Américains, les SS exécutèrent des militants de groupes de résistance anti-nazie en Allemagne, l'amiral Wilhelm Canaris, le général Hans Oster, le pasteur Dietrich Bonhoeffer, ainsi que d'autres résistants, ou personnes impliquées dans la tentative d'assassinat de Hitler du 20 juillet 1944. Canaris, Oster et Bonhoeffer représentaient le coeur de la résistance allemande contre le régime nazi au sein de l'Abwehr (service de renseignement de l'armée allemande). Canaris était le chef de ce service, Oster y était officier de carrière et Bonhoeffer un théologien protestant, opposé aux Nazis, et qui avait été recruté par Oster au service de l'Abwehr après l'invasion de la Pologne en 1939.

Tandis que les forces américaines se rapprochaient du camp, le 20 avril 1945, les SS commencèrent à procéder à l'évacuation forcée, à pied, des prisonniers. A l'exception de ceux qui en étaient incapable, environ 22 000 détenus, dont 1 700 Juifs, furent contraints à marcher depuis le camp principal de Flossenbürg jusqu'à celui de Dachau, au sud de l'Allemagne : ce genre d'évacuation à pied fut appelé "marche de la mort". Les gardes SS tiraient sur tout prisonnier trop fatigué ou malade pour avancer. Au moins 7 000 prisonniers moururent ou furent tués avant l'arrivée à Dachau.

Les forces américaines libérèrent Flossenbürg le 23 avril 1945. Ils y découvrirent environ 1 600 détenus malades et affaiblis, principalement dans les baraques de l'hôpital du camp. Entre la date de son établissement, en 1938, et celle de sa libération, en avril 1945, plus de 96 000 prisonniers étaient passés par Flossenbürg. Environ 30 000 d'entre eux y périrent.

 


Articles en Anglais

 
Flossenbuerg
 


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