Encyclopedie multimedia de la Shoah

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Bildarchiv Preussischer Kulturbesitz
  Des Juifs arrêtés au cours de la Nuit de cristal (Kristallnacht) sont gardés avant d’être déportés vers le camp de concentration de Sachsenhausen. Zeven, Allemagne, 10 novembre 1938.
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  SACHSENHAUSEN  

 

Le camp de concentration de Sachsenhausen fut le principal camp nazi de la région de la capitale allemande. Situé près du camp d’Oranienburg, au nord de Berlin, Sachsenhausen fut créé le 12 juillet 1936, lorsque les SS transférèrent 50 prisonniers du camp de concentration d’Esterwegen pour entreprendre la construction du camp. Dans un premier temps, ce sont surtout des prisonniers politiques qui furent détenus à Sachsenhausen.

Au cours du pogrom de la Nuit de cristal (Kristallnacht) perpétré dans l’ensemble du pays en novembre 1938, le chef de la SS, Heinrich Himmler, ordonna l’arrestation sommaire d’environ 30 000 Juifs et leur incarcération dans trois camps de concentration : Sachsenhausen, Dachau et Buchenwald. 6 000 Juifs furent déportés à Sachsenhausen après ce pogrom.

 

 
Les principaux camps nazis en Europe, avec indication de Sachsenhausen
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A la mi-septembre 1939, peu après le début de la Seconde Guerre mondiale, la police arrêta 900 Juifs, principalement des citoyens polonais et des apatrides, vivant à Berlin et dans les environs, et les incarcéra à Sachsenhausen. Les conditions dans ce camp s’aggravèrent après le déclenchement de la guerre. De nombreux prisonniers périrent d’épuisement, de faim, de froid, des violences et de l’absence de soins médicaux.

Désireux d’éliminer l’élite intellectuelle polonaise pour empêcher toute résistance organisée contre la domination allemande, la Wehrmacht exécuta sommairement ou déporta dans des camps de concentration plusieurs milliers de Polonais, notamment des enseignants, des prêtres, des fonctionnaires et autres dirigeants. Certains d'entre eux furent envoyés à Sachsenhausen. Le 3 mai 1940, par exemple, 1 200 prisonniers de la prison Pawiak à Varsovie y arrivèrent. Parmi eux, de nombreux jeunes, plus de 60 prêtres catholiques, des officiers de l’armée polonaise, des enseignants, des médecins et des petits fonctionnaires.

 

   
Bernhard, né au sein d'une famille juive pratiquante d'Oswiecim, émigra à ...
Les témoignages
 
 

 

Le 4 avril 1941, le médecin SS Friedrich Mennecke, chef de l’hôpital psychiatrique public Eichberg et collaborateur du programme nazi d’euthanasie, procéda à une sélection parmi les prisonniers de Sachsenhausen. Au cours des trois mois suivants, Mennecke ordonna que les prisonniers trop malades ou trop affaiblis pour travailler soient liquidés dans le cadre d’une opération portant le nom de code 14f13, qui étendait ainsi le programme d’euthanasie. En juin 1941, les SS transférèrent les prisonniers sélectionnés par Mennecke à Sonnenstein, un centre d’« euthanasie » utilisé pour l’extermination systématique des handicapés physiques et mentaux. Les médecins SS de Sonnenstein les gazèrent.

 

 
Sachsenhausen
1936 – 1945

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Le premier groupe de prisonniers de guerre soviétiques envoyés à Sachsenhausen arriva au camp à la fin du mois d’août 1941. A la mi-novembre 1941, les SS y déportèrent environ 18 000 prisonniers supplémentaires. Au total, plus de 13 000 prisonniers de guerre soviétiques furent abattus à Sachsenhausen.

En représailles au soulèvement polonais de Varsovie d’août 1944, les Allemands expulsèrent la majeure partie de la population de Varsovie et finirent par déporter près de 65 000 Polonais dans des camps de concentration en Allemagne. Plus de 3 500 Polonais expulsés avaient été envoyés à Sachsenhausen avant l’écrasement du soulèvement par l’armée allemande, début octobre.

A la mi-janvier 1945, on comptait à Sachsenhausen plus de 65 000 déportés, dont plus de 13 000 femmes. Pendant la guerre, le travail forcé utilisant les prisonniers des camps de concentration prit une importance croissante dans la production d’armement allemande. Le réseau des camps de Sachsenhausen en arriva alors à comprendre plus de 60 sous-camps regroupés principalement autour des industries d’armement de la région de Berlin, dans le nord du pays. Les prisonniers du camp de Sachsenhausen furent également soumis à des expériences médicales. A la mi-janvier, ce camp comptait 65 000 prisonniers dont plus de 13 000 femmes.

A l’approche des armées alliées, les gardes SS du camp entreprirent l’évacuation forcée de 30 000 prisonniers. Ils les astreignirent à une marche de la mort vers le nord-ouest, Les gardes SS abattant tous les prisonniers qui ne parvenaient plus à avancer. Le 2 mai, les troupes soviétiques libérèrent les survivants près de la ville de Schwerin, en Allemagne.

L’armée soviétique libéra le camp le 22 avril 1945. Elle n’y trouva qu’environ 3 000 prisonniers malades et affaiblis. Les archives du camp indiquent que les SS avaient déporté plus de 140 000 prisonniers au camp de Sachsenhausen. Au moins 30 000 prisonniers périrent. Les SS déportèrent également à Sachsenhausen plusieurs dizaines de milliers de prisonniers ne figurant pas sur les registres, dont plus de 18 000 prisonniers de guerre soviétiques abattus peu après leur arrivée.

Une commission d’enquête soviétique se réunit à Sachsenhausen après la guerre pour recueillir des témoignages sur les crimes commis par les SS. Les travaux de la commission aboutirent au procès de 16 anciens gardes SS du camp devant un tribunal militaire soviétique, à Berlin, fin octobre 1947. En novembre 1947, le tribunal militaire soviétique déclara coupables tous les accusés ; il prononça 14 peines de prison à vie (l’Union soviétique avait aboli la peine capitale en mai 1947) et deux peines de 15 ans de prison.

 


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Sachsenhausen
 


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