Encyclopedie multimedia de la Shoah

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Mahn und Gedenkstaette Neuengamme
  Vue du camp de concentration de Neuengamme. Allemagne, pendant la guerre.
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  NEUENGAMME  

 

C’est en décembre 1938 que les SS créèrent le camp de Neuengamme, situé près de Hambourg, dans le nord de l’Allemagne. C’était un sous-camp de Sachsenhausen. Utilisant une entreprise de construction et de terrassement allemande pour opérer à Neuengamme, les SS amenèrent sur les lieux une centaine de prisonniers de Sachsenhausen pour commencer la construction du camp. Les SS prévoyaient d’utiliser la main-d’œuvre détenue pour rouvrir et moderniser une briqueterie de la région. Les prisonniers de Neuengamme furent par la suite astreints au travail forcé sur des chantiers, notamment l'aménagement du débit de l’Elbe et la construction du canal Dove-Elbe, dans le nord de l’Allemagne.

Neuengamme devint un camp de concentration indépendant en juin 1940. Ce mois-là, le nombre des détenus s’élevait à plus de 1 100. En juillet 1941, le nombre de prisonniers dépassait les 5 000. Le typhus demeurait un problème endémique du fait des conditions sanitaires déplorables et du surpeuplement chronique du camp. Plus d’un millier de prisonniers périrent au cours d’une épidémie de typhus qui se déclara en décembre 1941. En avril 1942, les SS achevèrent la construction d’un four crématoire. Les corps des prisonniers morts dans le camp étaient ordinairement emportés à Hambourg pour y être incinérés. A partir d’avril 1942, les corps furent brûlés dans le camp même et les cendres dispersées dans les jardins. Le taux de mortalité des prisonniers continuant à augmenter, les SS firent construire un second four crématoire.

 

 
Les principaux camps nazis en Europe, avec indication de Neuengamme
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En octobre 1942, les SS créèrent le camp de concentration de Druette, situé dans la ville de Watenstedt-Salzgitter, près de Brunswick. Ce camp, l’un des premiers et des plus importants des annexes de Neuengamme, devait fournir de la main d'œuvre aux usines d’armement Hermann Göring Werke. Lorsque la pénurie de main-d’œuvre s’aggrava en Allemagne, les SS développèrent l’exploitation des prisonniers des camps, surtout pour la production d’armements. Plus de 3 000 hommes de Neuengamme furent astreints à travailler à la production de munitions et de bombes pour l’armée allemande.

En octobre 1942, les SS ouvrirent également une autre annexe de Neuengamme à Brême. Le 17 avril 1943, six prisonniers du camp de Neuengamme périrent au cours d’un raid de l’armée de l’air alliée sur cette ville. Ces prisonniers faisaient partie des 700 détenus contraints à réparer les dommages causés par les bombes et à dégager les munitions non explosées des débris provoqués par les raids aériens. Au cours des raids aériens, il était interdit aux prisonniers d’utiliser les abris antiaériens.

 

   
Rémy est né de parents catholiques dans une petite ville française. En ...
Les témoignages
 
 

 

A la mi-janvier 1945, le réseau de camps de concentration de Neuengamme comptait environ 50 000 prisonniers, dont près de 10 000 femmes. Il comprenait une soixantaine de sous-camps dispersés dans le nord-ouest de l’Allemagne, dont plus de 20 situés dans la seule ville de Hambourg.

 

 
Neuengamme
1938 – 1945

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Les prisonniers du camp de Neuengamme furent également soumis à des expériences médicales. Le docteur Ludwig-Werner Haase, par exemple, testa un nouveau filtre en ajoutant à l’eau une dose d’arsenic cent fois supérieure à la quantité inoffensive. Il filtra ensuite l’eau en utilisant son nouveau dispositif et l’administra à plus de 150 prisonniers pendant 13 jours. Les fortes doses d’arsenic causèrent probablement un préjudice durable aux prisonniers. Les médecins SS utilisèrent également quelques détenus de Neuengamme, dont des enfants, pour des expériences médicales sur la tuberculose.

A l’approche des forces britanniques, fin avril 1945, les gardiens entreprirent l’évacuation forcée du camp. Ils brûlèrent également les dossiers des bureaux du camp. Environ 10 000 prisonniers furent astreints à une marche de la mort vers Lübeck, dans le nord de l’Allemagne. Plusieurs milliers d’autres prisonniers avaient déjà été transférés dans le camp de concentration de Bergen-Belsen situé dans les environs. Au cours de l’évacuation de Neuengamme, plus de 6 000 prisonniers furent embarqués de force sur deux bateaux dans une petite baie située près de Hambourg. Les chasseurs bombardiers britanniques, ignorant que les SS avaient contraint les prisonniers à embarquer, attaquèrent ces bateaux. Le "Thielbeck", avec à son bord environ 2 000 déportés, sombra rapidement. Le "Cap Arcona", transportant plus de 4 500 prisonniers, brûla et chavira pendant l’attaque. Sur les deux bateaux, seulement 600 prisonniers survécurent.

L’armée britannique libéra le camp de concentration de Neuengamme, le 4 mai 1945. Le registre des décès indique qu’au 10 avril 1945, environ 40 000 prisonniers avaient péri dans le camp. Plusieurs milliers d’autres moururent avant la libération du camp en mai 1945. Au total, plus de 50 000 déportés, soit près de la moitié des détenus, moururent à Neuengamme avant la libération.

 


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Neuengamme
 


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