Encyclopedie multimedia de la Shoah

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The Jacob Rader Marcus Center of the American Jewish Archives
  Photo d’Adolf Eichmann prise après-guerre avec sa fausse carte d’identité argentine.
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  LA RECHERCHE DES COUPABLES  

 

Même après les procès de Nuremberg qui suivirent la fin de la guerre, les recherches se poursuivirent pour retrouver ceux qui avaient commis des crimes durant la Shoah. Un petit pourcentage seulement de ces criminels fut traduit devant la justice. Cependant, les crimes contre l'Humanité ont été déclarés imprescribtibles.

Le 11 mai 1960, trois membres des Services de sécurité israéliens capturèrent Adolf Eichmann près de Buenos Aires, en Argentine, où il se cachait depuis 1950. Ce fut la fin de dix ans de recherches pour capturer celui-ci, qui avait été une figure clé de la mise en oeuvre de la "Solution finale". Un tribunal israélien à Jérusalem condamna Eichmann pour de multiples accusations, et notamment pour crimes contre le peuple juif. Il fut condamné à mort et exécuté ; c'est la seule fois qu'Israël appliqua la peine de mort.

 

 

Les Etats-Unis également, par l'intermédiaire de l'office spécial d'investigation (Office of Special Investigations : OSI), au sein du Département de la Justice, traquèrent les criminels nazis. D'après la loi américaine, les tribunaux des Etats-Unis ne disposent pas de la juridiction nécessaire pour juger des personnes pour des crimes commis hors du pays, sauf si ces crimes ont été commis contre des citoyens américains. C'est pourquoi, l'OSI décida d'agir contre les criminels de guerre nazis au titre de la violation des lois américaines sur l'immigration et sur la naturalisation. En 21 ans d'existence, l'OSI enquêta sur des centaines de cas et chercha à retirer la nationalité américaine ou à expulser des Etats-Unis plus de 117 criminels de guerre nazis. La vaste majorité d'entre eux étaient des Lituaniens, des Lettons, des Ukrainiens et des Allemands de souche qui avaient émigré aux Etats-Unis peu après la guerre à partir des camps de personnes déplacées en Allemagne et en Autriche. L'OSI est toujours actif aujourd'hui.

Simon Wiesenthal, à titre privé, gère à Vienne un centre de documentation sur les criminels nazis. Parmi les principaux nazis qu'il a aidé à retrouver, se trouve Franz Stangl, qui fut le commandant des camps de Treblinka et de Sobibor, Gustav Wagner, commandant adjoint de Sobibor, Franz Muerer, commandant du ghetto de Vilno, et Karl Silberbauer, le policier qui arrêta Anne Frank.

 

 

En 1971, une autre personnalité engagée dans la chasse aux nazis, Beate Klarsfeld, retrouva Klaus Barbie ("le boucher de Lyon"), qui était le chef de la Gestapo de Lyon. Après la guerre, Barbie avait travaillé pour les renseignements militaires américains en Allemagne. En 1951, il s'était installé en Bolivie sous le pseudonyme de Klaus Altmann. Pendant son procès qui eut lieu en France en 1987, Barbie fut accusé, entre autres atrocités, d'être responsable d'une rafle contre l'UGIF (l'Union générale des Juifs de France) à Lyon, durant laquelle quelque 85 Juifs furent arrêtés et déportés au camp d'Auschwitz, situé en Pologne. Le 4 juillet 1987, Barbie fut déclaré coupable de crimes contre l'Humanité et condamné à la prison à perpétuité.

 

 

Josef Mengele, le célèbre médecin SS qui se livra à des expériences médicales sur des prisonniers à Auschwitz, fut l'objet de plusieurs décennies de recherches. En 1949, il bénéficia de l'asile en Argentine. En 1960, l'Allemagne de l'Ouest demanda son extradition. Il s'échappa vers le Brésil, et de là, put rejoindre le Paraguay. Son sort resta inconnu pendant des années. Selon certaines informations, il se serait noyé au Brésil en 1979. En 1985, l'analyse de restes humains suspectés d'être ceux de Mengele confirma qu'il était bien décédé.

La recherche et les procès des criminels de la Shoah soulevèrent des questions morales complexes, ainsi que des problèmes de droit et de juridiction internationaux. A la fin de leur vie, la grande majorité des criminels nazis avaient échappé à leur châtiment.

On estime que 5 000 criminels furent jugés sur 100 000. Paul Touvier, le chef de la Milice de Vichy, fut jugé à Versailles en 1991 et condamné à la prison à vie. En 1997, Maurice Papon, au titre de secrétaire général de la Préfecture de Gironde, qui avait ordonné quatre rafles de Juifs, fut condamné à 10 ans de prison. Il avait fait une brillante carrière jusqu'au poste de Secrétaire d'Etat au Budget.

 


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