Encyclopedie multimedia de la Shoah

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Library of Congress
  Le drapeau nazi est érigé sur le château de Cracovie. Cracovie, Pologne, 1939.
Autres photographies
  CRACOVIE  

 

La ville de Cracovie est située dans le sud de la Pologne. Avant 1918, elle était le chef-lieu de la province autrichienne de Galicie. En 1939, 60 000 Juifs vivaient à Cracovie, représentant presque un quart d’une population totale de 250 000 habitants environ.

L’armée allemande occupa Cracovie la première semaine de septembre 1939. La persécution des Juifs commença immédiatement et s’intensifia une fois que les Allemands eurent déclaré la ville capitale du Gouvernement général, autrement dit de la partie de la Pologne que l’Allemagne n’annexa pas directement à ses provinces orientales. Dans la ville, le château du Wawel devint la résidence de l’avocat nazi Hans Frank, qui avait été nommé Gouverneur général de Pologne. La prison de Montelupich devint la prison de la police de sûreté allemande. En 1942, le camp de Plaszow fut ouvert dans le sud de la ville comme camp de travail forcé destiné à recevoir les Juifs de Cracovie et des alentours. En 1944, Plaszow devint un camp de concentration.

 

 
La Pologne en 1933, avec indication de Cracovie
Autres cartes

En mai 1940, les Allemands commencèrent à expulser les Juifs vers la campagne autour de la ville. En mars 1941, la majorité avait été expulsée. Seuls 15 000 environ restaient à Cracovie. Début mars 1941, les Allemands ordonnèrent la création d’un ghetto, et lui choisirent comme emplacement la quartier Podgorze, dans le sud de la ville, et non pas Kazimierz, quartier juif historique. Les Allemands y regroupèrent les Juifs de Cracovie encore présents et des milliers de Juifs provenant d’autres villes. Près de 20 000 Juifs furent ainsi confinés. Le ghetto fut entouré de fil barbelé et, à certains endroits, d’un mur en pierre. Des tramways le traversaient mais aucun ne s’arrêtait dans son enceinte.

Les Allemands mirent en place plusieurs usines à l’intérieur du ghetto, au nombre desquelles les usines Optima et Madritsch, où les Juifs furent utilisés comme main-d’oeuvre forcée. Plusieurs centaines d'entre eux étaient également employés dans des usines et des chantiers à l’extérieur du ghetto

 

   
Jacob était l'aîné des trois fils nés dans une famille juive pratiquante ...
Les témoignages
 
 

 

En mars 1942, les Allemands arrêtèrent une cinquantaine d’intellectuels du ghetto et les déportèrent vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Dans la seconde moitié de 1942, les Allemands déportèrent environ 13 000 personnes du ghetto. Plac Zgody et l’usine Optima furent les principaux lieux de rassemblement. La plupart des déportés furent envoyés au camp d’extermination de Belzec, et quelques uns à Auschwitz, qui se trouve à 65 km environ de Cracovie. Des centaines de personnes furent exécutées par balles dans le ghetto à l’occasion de ces rafles.

 

 
Cracovie et Plaszow
1939 – 1946

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A la mi-mars 1943, les Allemands détruisirent le ghetto de Cracovie. Plus de 2 000 personnes furent déportées à Auschwitz-Birkenau, où elles furent exterminées. Le reste ddes Juifs fut déporté au camp de Plaszow.

LA RESISTANCE DANS LE GHETTO DE CRACOVIE
 
Dès la création du ghetto, un mouvement de résistance s’y organisa. Au début, les opérations clandestines se concentrèrent sur l’assistance aux organisations d’enseignement et d’entraide. Cependant, en 1942, l’Organisation juive de combat (Zydowska Organizacja Bojowa, ZOB), organisation clandestine indépendante de l’organisation homonyme de Varsovie, se prépara à combattre les Allemands. Il fut décidé de ne pas lutter dans l’enceinte limitée du ghetto, mais d’utiliser le ghetto comme base d’attaques visant des objectifs sur l’ensemble de la ville. La plus importante des opérations de l’organisation eut lieu dans le centre de Cracovie, au café Cyganeria, qui était fréquenté par des officiers allemands.

Les résistants du ghetto de Varsovie essayèrent également de rejoindre des groupes de résistance actifs dans la région de Cracovie. Lors d’une série d’escarmouches avec les Allemands, les combattants juifs subirent de lourdes pertes. A l’automne 1944, les résistants encore en vie fuirent la Pologne et, après avoir traversé la Slovaquie voisine, réussirent à rejoindre la Hongrie, où ils se joignirent aux groupes juifs de résistance de Budapest. Cracovie resta le siège administratif du Gouvernement général jusqu’à l’évacuation de la ville par les Allemands en janvier 1945. Les forces soviétiques libérèrent Cracovie ce même mois.

 


Articles en Anglais

Articles complémentaires

Krakow (Cracow)
Les soulèvements juifs dans les ghettos et les camps, 1941-1944
La résistance juive
Les ghettos
La Shoah


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