Encyclopedie multimedia de la Shoah

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  Troupes d’invasion allemandes approchant de Bydgoszcz. Pologne, 18 septembre 1939.
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  L'INVASION ALLEMANDE DE LA POLOGNE : LES RÉFUGIÉS JUIFS, 1939  

 

En septembre 1939, lors de l'invasion de la Pologne par le Reich, des centaines de milliers de réfugiés, juifs et non-juifs fuirent l'avance de l'armée allemande en Pologne orientale ; ils espéraient que l'armée polonaise parviendrait à stopper l'avancée allemande à l'ouest. La plupart de ces réfugiés n'avaient aucune destination particulière à l'esprit. Ils se déplaçaient à pied, ou empruntaient tous les véhicules possibles : automobiles, bicyclettes, charrettes, camions - ils encombraient les routes de l'est. La plupart n'emportaient avec eux que ce qu'ils pouvaient porter.

A cause de la soudaineté de l'attaque, bien peu de réfugiés avaient fait des plans précis ou s'étaient préparés à un long voyage. Après le partage de la Pologne entre l'Allemagne et l'Union soviétique, le gouvernement polonais s'enfuit et s'établit en exil à Londres. Les réfugiés polonais en Pologne de l'est se préparèrent aussi à un long exil.

 

 
L'invasion allemande de la Pologne, septembre 1939
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Quand les Soviétiques annexèrent l'est de la Pologne, en juin 1941, environ 300 000 réfugiés juifs en provenance des territoires polonais occupés par l'Allemagne se trouvèrent pris au piège. La grande majorité d'entre eux resta en Pologne occupée par les Soviétiques. En 1940 et 1941, les officiers de la police secrète soviétique arrêtèrent et déportèrent - en tant qu'"éléments non-assimilables" - des centaines de milliers d'habitants de Pologne de l'est, y compris des milliers de réfugiés juifs en provenance des territoires polonais occupés par l'Allemagne. Ces gens furent déportés en Sibérie, en Asie centrale, et vers d'autres lieux à l'intérieur de l'Union soviétique. Environ 40 000 réfugiés juifs fuirent encore la Pologne, craignant d'être arrêtés et persécutés, aussi bien dans les territoires polonais occupés par les Allemands que dans ceux occupés par les Soviétiques. Plus de la moitié de ces réfugiés gagnèrent la Roumanie et la Hongrie. 15 000 se rendirent en Lituanie, principalement à Vilna, à Kovno (aujourd'hui Kaunas), et dans les régions avoisinantes.

Des milliers de réfugiés tentèrent de s'échapper vers le sud, prenant places sur des bateaux, dans des ports de la Mer noire en Bulgarie et Roumanie. Ces bateaux - dont la destination était la Palestine, alors placée sous mandat britannique - devaient faire halte en Turquie pour s'y ravitailler en fuel. Cependant, les autorités turques étaient peu enclines à laisser passer les réfugiés, sauf s'ils avaient en leur possession des certificats d'immigration en Palestine, délivrés par les Anglais. Or un "Livre Blanc" britannique de mai 1939 avait en effet sévèrement limité l'immigration juive en Palestine.

 

 

La politique turque, consistant à restreindre le transit des réfugiés se rendant en Palestine, réduisit de beaucoup les possibilités de fuite pour les réfugiés concernés, et provoqua même une tragédie. En février 1942, le "Struma", un bateau qui avait à son bord 769 réfugiés juifs, approcha la côte turque . Les autorités turques lui refusèrent l'autorisation de jeter l'ancre dans le port d'Istanbul et le repoussèrent en Mer noire. En quelques heures, le bateau sombra, probablement touché par une torpille lancée par erreur par un sous-marin soviétique qui avait pris le "Struma" pour un cargo de l'Axe. Un seul passager du "Struma" survécut.

 

 

Le gouvernement hongrois toléra l'entrée des réfugiés juifs en provenance de la Pologne et de la Slovaquie voisines, et, de manière générale, ne déporta pas les Juifs de Hongrie vers les territoires occupés par les Allemands. Cependant, après l'occupation de la Hongrie par les Allemands en mars 1944, les autorités hongroises déportèrent tous les Juifs, aussi bien hongrois que polonais. Les Allemands exterminèrent la plupart d'entre eux à Auschwitz-Birkenau durant le printemps et l'été 1944.

Des 15 000 juifs polonais qui avaient trouvé refuge en Lituanie, un groupe de 2 100 Juifs polonais s'échappa vers l'Est. Empruntant le Transsibérien, un voyage interminable d'environ 9 660 km, les emmena de Lituanie à Vladivostok, d'où ils gagnèrent le Japon, par cargo. Bien peu de ces réfugiés auraient réussi à s'échapper sans les efforts infatigables de nombreuses personnes. Les aides provinrent de sources les plus inattendues : des représentants du gouvernement hollandais en exil, et aussi du Japon, pourtant allié de L'Allemagne.

Certains réfugiés ne purent s'échapper de Pologne avant que les Allemands et les Soviétiques ne prennent le contrôle du pays. Quelques-uns parvinrent à atteindre la ligne de démarcation entre les territoires respectivement occupés par les Allemands et les Soviétiques, ainsi que des frontières polonaises avec les pays voisins, qu'ils trouvèrent fermées et sévèrement gardées. Certains réfugiés essayèrent de les contourner, aux prix de grands dangers. Ceux qui furent attrapés alors qu'ils essayaient de passer entre les zones occupées ou qui tentaient de fuir sans papiers furent arrêtés et subirent des brutalités arbitraires, tant de la part des gardes-frontières soviétiques qu'allemands.

Pour d'autres, la perspective d'un exil permanent loin de leurs maisons était insoutenable. Sans un sou, las d'errer sans but, et au désespoir de se retrouver, avec leurs familles, dans les territoires polonais occupés par l'Allemagne, certains réfugiés regagnèrent leurs maisons, repassant la ligne de démarcation entre les territoires polonais sous occupation russe pour se rendre dans ceux occupés par les Allemands.

 


Articles en Anglais

 
German Invasion of Poland: Jewish Refugees, 1939
 


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Translation Copyright © Mémorial de la Shoah, Paris, France