Encyclopedie multimedia de la Shoah

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United States Holocaust Memorial Museum
  Chiune Sugihara, Consul général du Japon à Kovno (aujourd’hui Kaunas), en Lituanie, qui émit en juillet-août 1940 plus de 2 000 visas de transit à des réfugiés juifs. Helsinki, Finlande, 1937-1938.
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  CHIUNE (SEMPO) SUGIHARA  

 

Chiune (Sempo) Sugihara, né le 1er janvier 1900, fut le premier diplomate japonais en poste en Lituanie. Il venait d’une famille de la classe moyenne de Yaotsu, dans la préfecture de Gifu, sur l’île principale du Japon, Honshu, au nord de Nagoya. Sugihara était parfois appelé « Chiune », terme qui traduit en japonais ancien une partie de son nom, « Sempo ».

Sugihara était diplômé de Harbin Gakuin, un prestigieux centre japonais de formation d’experts sur l’Union soviétique. Devenu directeur au ministère des Affaires étrangères du Mandchoukouo, un Etat fantoche créé par le Japon en Mandchourie, Sugihara négocia l’acquisition du chemin de fer nord mandchourien à l’Union soviétique, en 1932.

 

 

Comme Sugihara parlait couramment le russe, les Japonais l’envoyèrent à Kaunas (Kovno), la capitale lituanienne, en novembre 1939. Il avait appris la langue auprès d’émigrés russes pendant 16 ans à Harbin, en Mandchourie. Il reçut l’ordre de fournir au Japon des renseignements sur les mouvements des troupes soviétiques et allemandes dans la région de la Baltique.

Sugihara échangea également des informations avec les membres de la Résistance polonaise en Lituanie et leur remit des visas de transit pour le Japon, en 1940. Il prit conscience de l’urgence de la situation en Lituanie après l’occupation par les forces soviétiques en juin 1940 qui s’accompagna d’une vague d’arrestations par la police secrète soviétique. Sugihara réalisa vraisemblablement qu’avec l’Europe de l'ouest plongée dans la guerre, les perspectives d’évasion pour les réfugiés de Lituanie passeraient par une route vers l’est, jusqu’au Japon, via l’Union soviétique.

 

 

Durant l’été 1940, lorsque les réfugiés se présentèrent à lui avec de faux visas pour Curaçao et d’autres possessions néerlandaises en Amérique, Sugihara décida de faciliter leur évasion de l’Europe déchirée par la guerre. En l’absence d’instructions nettes émanant de Tokyo, il accorda des visas de transit de dix jours pour le Japon à plusieurs centaines de réfugiés détenteurs de visas à destination de Curaçao. Avant de fermer son consulat à l’automne 1940, Sugihara délivra même des visas aux réfugiés sans papiers.

 

 

Il avait distribué quelque 1 800 visas lorsqu’il reçut un télégramme de Tokyo lui rappelant : « Vous devez vous assurer qu’ils [les réfugiés] ont terminé leurs démarches pour leurs visas d’entrée ; ils doivent également posséder l’argent du voyage ou l’argent dont ils auront besoin pour séjourner au Japon. Sinon, vous ne devez pas leur accorder de visas de transit. »

Dans sa réponse, Sugihara admit avoir délivré des visas à des personnes qui n’avaient pas terminé toutes les démarches pour obtenir des visas d'entrée. Il tenta d'apporter une explication : le Japon était le seul pays de transit envisageable pour ceux qui prenaient la direction des Etats-Unis, et ces visas étaient nécessaires pour quitter l’Union soviétique. Sugihara suggéra que les voyageurs qui arriveraient dans le port soviétique de Vladivostok avec des papiers incomplets ne soient pas autorisés à embarquer pour le Japon. Tokyo répondit que l’Union soviétique insistait pour que le Japon honore tout visa délivré par ses consulats.

Au moment où Sugihara quitta la Lituanie, il avait délivré des visas à 2 140 personnes. Ces visas couvrirent également quelque 300 personnes supplémentaires, principalement des enfants. Leurs détenteurs ne purent cependant pas tous quitter la Lituanie avant que l’Union soviétique ne cesse d’accorder des visas de sortie.

Sugihara quitta Kaunas au début du mois de septembre 1940. Il fut nommé à Prague, en Bohême, puis à Bucarest, dans la Roumanie alliée de l’Allemagne, où il demeura jusqu’à la fin de la guerre. Durant la marche victorieuse de l’armée soviétique à travers les Balkans, en 1944, les Soviétiques arrêtèrent Sugihara et d’autres diplomates de pays ennemis. Les autorités soviétiques le détinrent avec sa famille, pendant les trois années suivantes, dans des conditions plutôt clémentes. Lorsque Sugihara retourna au Japon en 1947, le ministère des Affaires étrangères le mit à la retraite avec une petite pension dans le cadre d’une importante réduction d’effectifs intervenue sous l’occupation américaine.

Après la guerre, Sugihara exerça diverses activités, entre autres, de 1960 à 1975, dans une compagnie commerciale japonaise installée à Moscou. Un an avant sa mort en 1986, Yad Vashem, le Mémorial national des martyrs et des héros de la Shoah à Jérusalem, décerna à Sugihara le titre de « Juste parmi les nations » pour l’aide qu’il avait apportée aux réfugiés de Lituanie pendant la Seconde Guerre mondiale.

 


Articles en Anglais

 
Chiune (Sempo) Sugihara
 


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