Encyclopedie multimedia de la Shoah

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Beth Hatefutsoth, The Nahum Goldmann Museum of the Jewish Diaspora
  Mordekhaï Gebirtig (1877-1942), second à partir de la gauche, avec trois de ses amis, professeurs au Lycée hébraïque de Cracovie. Krynica, Pologne, entre 1930 et 1939. [Veuillez contacter le Beit Ha-Tefoutsot pour des copies de cette photo.]
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  LES ÉCRIVAINS ET LES POÈTES DANS LES GHETTOS  

 

A partir du début de 1940, les autorités allemandes parquèrent les Juifs polonais dans des ghettos ou des zones réglementaires. Créés à l’origine pour séparer les Juifs de la population non-juive, les ghettos servirent par la suite de "réservoirs" à l'extermination.

Dans d’atroces conditions de vie et sous la menace constante, les Juifs s’efforcèrent de préserver leur humanité et leur culture par la chanson et la poésie. Le poème yiddish Es Brent (Ça brûle) de Mordekhaï Gebirtig (écrit en 1938 en réaction à un pogrom perpétré en Pologne) devint l’hymne de la Résistance dans le ghetto de Cracovie. Gebirtig continua à écrire après s’être enfui de Cracovie dans la localité voisine de Lagiewniki et après avoir été contraint de retourner dans le ghetto de Cracovie.

 

 

Dans le ghetto de Vilno (actuellement Vilnius) et dans les camps de travail en Estonie, Hirsch Glik écrivit des chants de résistance, notamment le célèbre « Chant des partisans ». Il devint le chant de ralliement de l’Organisation des partisans unis de Vilno dont Glik était membre.

Écrivains et poètes résistèrent sur le plan artistique et spirituel. Dans le ghetto de Varsovie, Itzhak Katzenelson écrivit des poèmes pleins d’espoir, des pièces de théâtre et des essais interprétant la situation à la lumière de l’histoire juive. En 1943, il fut déporté au camp de Vittel, en France (où il écrivit un long poème « Le Chant du peuple juif assassiné »). En 1944, Katzenelson fut déporté au camp d’Auschwitz où il fut assassiné.

 

 

Recueillant les documents sur la vie dans le ghetto de Varsovie, l’historien Emmanuel Ringelblum fonda l'Oneg Shabbat, une organisation chargée de rédiger la chronique clandestine du ghetto. Beaucoup d’habitants du ghetto, comme Haïm Kaplan à Varsovie, tenaient des journaux intimes.

 

 

Lorsque les Nazis imposèrent à Shmaryahu Kaczerginski et Abraham Sutzkever de trier les livres précieux à confisquer, ces deux écrivains de Vilno sauvèrent quelque 8 000 volumes. Cachés dans les forêts, ils reccueillirent les témoignages des partisans et les mirent par écrit.

Pendant la liquidation du ghetto de Lodz, à l’été 1944, l’écrivain Isaiah Spiegel cacha quelques-uns de ses écrits dans une cave. Il emporta les autres à Auschwitz où ils furent confisqués dès son arrivée. Après la guerre, Spiegel, qui avait survécu, retourna à Lodz et retrouva 16 récits cachés. Il parvint à reconstituer de mémoire les textes manquants.

Les épreuves subies par les Juifs durant la Shoah sont évoquées dans les œuvres des écrivains et des poètes des ghettos. Dans plus de 400 ghettos de l’Europe orientale sous occupation allemande – où prévalaient d’effroyables conditions de surpeuplement, d’hygiène et de famine – l’activité culturelle constitua une forme de défi.

 


Articles en Anglais

 
Writers and Poets in the Ghettos
 


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