Encyclopedie multimedia de la Shoah

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  A la suite de l’accord de Munich, qui livra les Sudètes en Tchécoslovaquie à l’Allemagne, des troupes allemandes défilent sur la place de la ville de Friedland. 3 octobre 1938.
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  TCHÉCOSLOVAQUIE  

 

L'Etat tchécoslovaque fut créé en 1918 avec l'effondrement de l'Empire austro-hongrois à la fin de la Première Guerre mondiale. La Tchécoslovaquie comprenait les provinces de Bohème, de Moravie, et de Slovaquie, ainsi que l'Ukraine transcarpathienne et des parties de la Silésie. Selon des estimations, la population du pays avant la Seconde Guerre mondiale comptait environ 50% de Tchèques, 25% d'Allemands, 15% de Slovaques, 7% de Hongrois et 3% d'Ukrainiens. En dépit de sa population multiethnique et de relations tendues avec les pays voisins, la Tchécoslovaquie resta une démocratie parlementaire qui fonctionna jusqu'à la crise de Munich en 1938.

L'ANNEXION ALLEMANDE DES SUDETES
 
Après la prise du pouvoir par les Nazis en 1933, l'Allemagne exigea l'inclusion de la population ethniquement allemande de Tchécoslovaquie dans le Reich allemand. En 1938, Hitler brandit la menace d'un guerre européenne si les Sudètes, zone frontière de la Tchécoslovaquie avec une importante population d'ethnie allemande, n'étaient pas cédés à l'Allemagne. Les dirigeants britanniques, français, italiens et allemands prirent part à une conférence les 29 et 30 septembre 1938 à Munich. Dans ce qui fut connu ensuite sous le nom d'Accords de Munich, ils acceptèrent l'annexion allemande des Sudètes en échange de la promesse de paix d'Hitler.

 

 
Tchécoslovaquie, 1933
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LA PARTITION DE LA TCHECOSLOVAQUIE
 
Hitler viola les Accords de Munich le 15 mars 1939, en envahissant l'Etat tchécoslovaque affaibli. Les provinces tchèques de Bohème et Moravie devinrent un protectorat allemand. La Slovaquie devint un Etat indépendant, étroitement allié à l'Allemagne. La Hongrie, alliée de l'Allemagne, annexa l'Ukraine transcarpathique en mai 1939, après s'être emparée de territoires en Slovaquie méridionale avec l'aide de l'Allemagne et de l'Italie en 1938. La Tchécoslovaquie en tant qu'Etat indépendant cessa d'exister.

LES DEPORTATIONS DE BOHEME ET MORAVIE
 
La partition de la Tchécoslovaquie en 1938-1939 détermina le destin de ses Juifs pendant la guerre. Selon le recensement de 1941, environ 90 000 Juifs vivaient dans le Protectorat de Bohème-Moravie. Des dizaines de milliers de Juifs de Prague, ainsi que de Brno, Ostrava, Olomouc et d'autres villes du Protectorat, furent déportées dans le ghetto de Terezin (Theresienstadt). Les Nazis créèrent ce ghetto, situé à environ 60 km au nord de Prague, en novembre 1941. A partir de 1942, les Juifs furent aussi déportés du Protectorat dans les ghettos et les camps d'extermination d'Europe de l'Est. Les forces de police et les SS allemands, assistés par des auxiliaires recrutés localement, massacrèrent ces Juifs à leur arrivée dans les ghettos de Lodz, Minsk et Riga, ou les déportèrent avec d'autres Juifs dans les camps d'extermination. Il y eut aussi des convois qui quittèrent Terezin pour rejoindre directement les camps d'extermination de Pologne occupée. Au total, environ 88 000 Juifs furent déportés à partir du Protectorat ; la plupart d'entre eux furent assassinés à Auschwitz-Birkenau.

 

   
Erich était l’un des cinq enfants d’une famille de Juifs pratiquants. ...
Les témoignages
 
 

 

LES DEPORTATIONS A PARTIR DE L'UKRAINE TRANSCARPATHIENNE
 
Entre juin et août 1941, les autorités hongroises expulsèrent environ 20 000 Juifs d'Ukraine transcarpathique, annexée en 1939. Les Juifs furent mis dans des wagons de passagers et emmenés à Korosmezo, à proximité de la frontière d'avant-guerre entre la Hongrie et la Pologne, et livrés aux Allemands. Souvent regroupés par familles, les Juifs furent contraints de marcher de Kolomyia à Kamenets-Podolski, en Ukraine occidentale, où les forces de police et les SS allemands les abattirent. En mai 1944, deux mois après le début de l'occupation de la Hongrie par l'Allemagne, les autorités hongroises commencèrent à déporter systématiquement les Juifs d'Ukraine transcarpathique vers le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. Environ 137 000 de ces Juifs y furent déportés ; nombreux furent ceux qui furent assassinés à leur arrivée. Plusieurs milliers de Juifs parvinrent à échapper à la déportation en se cachant dans les montagnes ou en s'enfuyant en Roumanie.

 

 

LA SLOVAQUIE
 
La Slovaquie devint une nation indépendante, mais satellite de l'Allemagne après le démembrement de la Tchécoslovaquie. Elle fut aussi l'un des pays alliés de l'Allemagne qui acceptèrent de déporter les Juifs dans le cadre de la "Solution finale". Selon un recensement du 15 décembre 1940, il y avait environ 90 000 Juifs en Slovaquie. En mars 1942, la Slovaquie signa avec l'Allemagne un accord sur la déportation des Juifs, et entre mars et octobre 1942, près de 60 000 Juifs furent déportés vers la Pologne occupée par l'Allemagne et assassinés. Les Juifs qui restaient furent enfermés dans des camps de travail en Slovaquie, principalement à Sered, Novaky et Vyhne.

Après le soulèvement national slovaque et l'occupation allemande du pays en 1944, près de 10 000 Juifs supplémentaires furent déportés, principalement dans le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, mais aussi à Terezin et dans des camps en Allemagne. Des milliers de Juifs restèrent cachés en Slovaquie. Au total, les autorités allemandes et slovaques déportèrent environ 70 000 Juifs de Slovaquie ; environ 65 000 d' entre eux furent assassinés.

 


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