Encyclopedie multimedia de la Shoah

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United States Holocaust Memorial Museum
  Réfugiés rassemblés sur le bastingage du “Josiah Wedgwood”, bateau de l’Aliyah Beit (immigration clandestine) ancré dans le port de Haïfa. Les soldats britanniques transférèrent les passagers vers le centre d'internement d’Atlit. Palestine, 27 ...
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  L'ALIYAH BET  

 

L'Aliyah Bet est le terme hébreu qui désigne l'immigration clandestine des Juifs vers la Palestine entre 1920 et 1948, à l'époque du mandat britannique sur la zone. Le mot hébreu "aliyah" (littéralement, "la montée") désigne couramment l'immigration vers la terre d'Israël, tandis que "bet" (l'équivalent hébreu de la lettre "B") suggère ici quelque chose de non-officiel ou de secret. L'expression Aliyah Bet sert à désigner le mouvement des réfugiés juifs, dont la plupart était des survivants de la Shoah, qui n'étaient pas autorisés par les autorités britanniques à entrer en Palestine. Organisé par les activistes sionistes alors que la situation des Juifs d'Europe se détériorait rapidement à la fin des années 1930 et qu'il fallait trouver des lieux d'accueil, l'immigration devint illégale, devant le refus des autorités britanniques de laisser entrer les Juifs. Les tensions entre Juifs et Arabes avaient grandi depuis 1929 et les Britanniques ne voulaient pas mécontenter les Arabes de Palestine. En 1948, 100 000 personnes avaient choisi cette voie, dont plus de 70 000 survivants de la Shoah.

Après la Shoah, le nombre d'immigrants officiellement autorisés à entrer en Palestine était toujours insuffisant pour satisfaire les demandes et les Britanniques limitaient sévèrement ou même interdisaient l'immigration. Les réfugiés juifs trouvèrent divers moyens pour contourner les quotas britanniques. Le voyage par bateau devint bientôt le principal moyen de transport de l'Aliyah Bet, avec des milliers de personnes arrivant chaque année. En 1938, le Mossad Aliyah Bet (Organisation pour l'Immigration "illégale", créée par les dirigeants juifs de Palestine) commença à coordonner ces efforts. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Aliyah Bet continua, mais à un rythme plus lent et dans des conditions plus dangereuses : les naufrages de bateaux coutèrent la vie à des centaines de Juifs. Malgré les dangers, 62 voyages de ce type eurent lieu entre 1937 et 1944.

 

 

Après la Seconde Guerre mondiale, le nombre de réfugiés juifs cherchant à entrer en Palestine augmenta considérablement. Les horreurs de la Shoah, auxquelles s'ajoutèrent l'antisémitisme et les violences d'après-guerre, incitèrent les survivants à quitter l'Europe centrale et orientale. Ce fut en particulier le cas pour des dizaines de milliers de personnes vivant dans les camps de personnes déplacées, presque tous situés en zone d'occupation américaine, qui cherchèrent à rejoindre la communauté juive de Palestine. Organisés par le Mossad l'Aliyah Bet et utilisant un réseau souterrain connu sous le nom de Brihah (mot hébreu signifiant "fuite"), les survivants de la Shoah partaient des camps de personnes déplacées (en Allemagne, Autriche et Italie) ou d'autres lieux en Europe orientale, pour se retrouver dans les points de rassemblement dans les villes portuaires (surtout en Italie, en France, en Yougoslavie ou en Grèce). Les bateaux disponibles étaient en général de mauvaise qualité (il s'agissait souvent de vieux cargos), et étaient surchargés de passagers.

Le voyage était long et inconfortable ; plus de 90% des bateaux étaient interceptés par la marine britannique. Les autorités britanniques plaçaient de force les réfugiés dans des camps de détention, principalement sur l'île de Chypre, en Méditerranée. En 1948, les Britanniques détenaient plus de 50 000 réfugiés juifs dans des camps d'internement établis à Chypre.

 

 

Cette politique fut, du point de vue des relations publiques, désastreuse pour le gouvernement britannique, avec une presse étrangère couvrant la détresse des réfugiés avec beaucoup de sympathie. Le cas de l'Exodus, en particulier, émut l'opinion mondiale. Ce bateau, transportant quelque 4 500 Juifs déplacés, partit de France en juillet 1947 et fut intercepté par les destroyers britanniques avant même son arrivée dans les eaux territoriales de Palestine. Les passagers résistèrent à leur débarquement, et les violences qui s'en suivirent causèrent la mort de trois réfugiés ; de nombreux autres furent blessés. Les passagers furent contraints de retourner à Marseille, leur lieu d'embarquement, où les autorités françaises refusèrent, pendant près d'un mois, de les laisser débarquer. Finalement, les Britanniques renvoyèrent le bateau à Hambourg, firent débarquer les passagers de force, et les internèrent dans un camp de détention sous administration britannique. Le spectacle de réfugiés juifs, dont bon nombre avaient été récemment libérés des camps de concentration nazis, enfermés dans des camps de détention sur le territoire allemand, était gênant. De plus, cela allait à l'encontre de l'image de libérateurs des Britanniques, et provoqua un tollé international.

 

 

En novembre 1947, les Nations Unies votèrent la partition de la Palestine en deux Etats (un juif et un arabe). Les troupes britanniques commencèrent à se retirer de Palestine en avril 1948, et en mai 1948 le dirigeant sioniste David Ben-Gourion proclama la création de l'Etat moderne d'Israël. Toutes les restrictions imposées à l'immigration juive furent immédiatement levées.

 


Articles en Anglais

 
Aliyah Bet
 


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