Encyclopedie multimedia de la Shoah

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United States Holocaust Memorial Museum
  Portrait de groupe de quelques-uns des participants au soulèvement du camp d’extermination de Sobibor. Pologne, août 1944.
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  SOBIBOR  

 

Le petit village de Sobibor, au centre de la Pologne, est situé à 5 kilomètres à l'ouest de la rivière Bug et à 8 kilomètres au sud de Wlodawa. Durant l'occupation allemande, cette région faisait partie du Gouvernement Général de Pologne.

Sobibor fut le second camp d'extermination construit dans le cadre de l'Action Reinhardt, plan nazi visant à exterminer tous les Juifs de Pologne. Il fut situé dans une région boisée, marécageuse, faiblement peuplée, à côté de la voie ferrée Chelm-Wlodawa. D'une superficie de 400 mètres sur 600, il était camouflé par des branchages glissés dans des fils barbelés. Le camp était entouré par un champ de mines de 15 mètres de large.

 

 
L'administration allemande de l'Europe, 1942
Autres cartes

Sobibor était divisé en trois zones : une zone administrative, une zone de réception et une zone d'extermination. La zone administrative était composée des bureaux et des logements des gardes allemands et ukrainiens (formés à Trawniki) et des baraquements réservés à la main-d’oeuvre concentrationnaire. La zone de réception comprenait la voie de chemin de fer de garage, la rampe, les baraques où les déportés étaient déshabillés, et les entrepôts pour stocker les biens volés aux victimes. La zone d'extermination comprenait les chambres à gaz, les fosses communes et les baraquements pour les prisonniers affectés aux travaux forcés. Un couloir étroit, surnommé le "tube", reliait les zones de réception et d'extermination.

Après quelques expériences, les Nazis commencèrent les opérations de gazage au début de mai 1942. Des convois de 40 à 60 wagons de marchandises arrivaient à la gare de Sobibor. Vingt par vingt, ils pénétraient dans la zone de réception où les gardes allemands faisaient sortir les victimes sur la plate-forme. Là, des officiers allemands annonçaient aux déportés qu'ils venaient d'arriver dans un camp de transit et qu'ils devaient remettre leurs objets de valeur. Ils les envoyaient dans les baraques, les obligeaient à se dévêtir et à passer par le "tube" qui menait directement aux chambres à gaz, lesquelles portaient un panneau "Douches". Dans le "tube", les femmes étaient tondues dans une baraque spéciale. Les portes des chambres à gaz une fois closes, les gardes, dans une pièce adjacente, mettaient en marche un moteur qui envoyait du monoxyde de carbone, en tuant tous les occupants. Le processus se répétait avec les occupants des wagons suivants.

 

 

A Sobibor, certains prisonniers, maintenus vivants, étaient chargés d'évacuer les corps des chambres à gaz et de les enterrer dans les charniers. Ils triaient également les affaires des victimes et nettoyaient les wagons de marchandises. En outre, ils étaient forcés de participer à la détention des nouvelles victimes juives.

 

 
Sobibor
1939 – 1943

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Avant que ne cesse le gazage à Sobibor à l'automne 1943, les corps furent exhumés des charniers pour être brûlés sur des bûchers afin de faire disparaître toute trace des meurtres en masse.

Les déportations vers Sobibor eurent lieu entre mai 1942 et l'automne 1943, à une exception près : une interruption de deux mois à partir de fin juillet 1942 à cause de réparations effectuées sur la voie ferrée Chelm-Lublin.

Les Juifs déportés à Sobibor venaient principalement des ghettos de l'est de la Pologne, surtout de la région de Lublin. Les Nazis y déportèrent aussi des Juifs des territoires soviétiques occupés, de Bohême et Moravie, d'Autriche, des Pays-Bas, de Belgique et de France. Les Allemands et leurs auxiliaires exterminèrent environ 250 000 personnes à Sobibor.

Début 1943, les prisonniers du camp de travail organisèrent un mouvement de résistance. Les détenus, réalisant que le gazage à Sobibor allait se terminer, préparèrent une insurrection. Le 14 octobre 1943, les 600 prisonniers se révoltèrent et tentèrent de fuir en masse. Ils tuèrent de nombreux gardes allemands et ukrainiens. Sur les 300 qui réussirent à s'échapper, plus de 100 furent repris et fusillés. Après la rébellion, Sobibor fut fermé et le camp démantelé.

 


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