Encyclopedie multimedia de la Shoah

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United States Holocaust Memorial Museum
  Détenus au travail forcé dans le camp de concentration de Ravensbrück. Allemagne, entre 1940 et 1942.
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  RAVENSBRÜCK  

 

Le camp de concentration de Ravensbrück fut, après la fermeture de celui de Lichtenburg, le seul camp de concentration nazi presque exclusivement réservé aux femmes. La SS commença la construction du camp en novembre 1938, sur un emplacement situé à proximité du village de Ravensbrück dans le nord de l’Allemagne, à environ 90 km au nord de Berlin. Au printemps 1941, un petit camp pour hommes adjacent au camp principal fut ajouté.

Les premieres prisonnières (environ 900) arrivèrent à Ravensbrück le 18 mai 1939 : elles venaient de Lichtenburg en Saxe. Vers la fin 1942, la population féminine internée à Ravensbrück était passée à près de 10 000 âmes. En janvier 1945, le camp avait plus de 45 000 prisonniers, des femmes pour la plupart. Outre les administrateurs nazis masculins, le personnel du camp comprenait plus de 150 gardiennes SS. Ravensbrück fut également un des premiers camps d’entraînement pour les gardiennes SS.

 

 
Les principaux camps nazis en Europe, janvier 1944
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Les autorités SS soumettaient périodiquement les prisonniers du camp à des «sélections» au cours desquelles les détenues considérées comme trop faibles pour travailler etaient isolées puis assassinées. Au début, les prisonnières «sélectionnées» étaient abattues. À partir de 1942, ells furent transférées dans des centres de mort par «euthanasie» au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Le personnel SS assassina également quelques prisonnières dans l’infirmerie du camp par injection mortelle. Les cadavres de celles qui avaient été tuées dans le camp étaient brûlés, jusqu'en 1943, dans un four crématoire proche de Fürstenberg. Cette année-là, les autorités SS construisirent un crématoire à proximité de la prison du camp. À l’automne 1944, les SS ajoutèrent une chambre à gaz à côté du crématoire. Les Allemands ont gazé plusieurs milliers de prisonnières à Ravensbrück avant la libération du camp en avril 1945.

À partir de l’été 1942, les médecins SS soumirent les prisonnières du camp de concentration de Ravensbrück à des pseudo expériences médicales. Les médecins SS expérimentèrent des traitements contre les blessures avec différentes substances chimiques (telles que le sulfanilamide) pour prévenir les infections. Ils testèrent également différentes méthodes de fixation et de transplantation des os ; de telles expériences comprenaient des amputations. Les SS sélectionnèrent près de 80 femmes, dont des Polonaises et des Françaises, pour ces expériences. La plupart en moururent. Les survivantes souffrirent de dommages corporels permanents. Les médecins SS procédèrent également à des expériences de stérilisation sur des femmes et des enfants, dont de nombreux Tziganes, pour mettre au point une méthode efficace de stérilisation.

 

 

LES KOMMANDOS DE RAVENSBRÜCK
 
Les SS soumettèrent les détenues de Ravensbrück au travail forcé, principalement dans des projets agricoles ou dans l’industrie locale. Vers 1944, l’Allemagne s’appuyait de plus en plus sur le travail forcé pour la production d’armement. Ravensbrück devint le centre administratif d’un réseau de plus de 40 sous-camps avec près de 70 000 détenus, pour l’essentiel des femmes. Ces sous-camps, dont beaucoup étaient installés à côté des fabriques d’armements, étaient répartis à travers toute l’Allemagne, de l’Autriche, au sud, à la Mer Baltique, au nord. Certains camps fournissaient également des prisonniers pour le travail sur des chantiers de construction ou pour déblayer les décombres dans les villes détruites par les attaques aériennes alliées. Les SS construisirent également des usines près de Ravensbrück pour la production de textile et de composants électriques.

 

 
Ravensbrück
1938 – 1945

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LA LIBÉRATION DE RAVENSBRÜCK
 
Fin mars 1945, les SS évacuaient Ravensbrück, imposant à plus de 20 000 prisonniers une marche de la mort vers le nord du Mecklembourg. Les troupes soviétiques dans leur avance croisèrent la route de la marche et libérèrent les prisonniers. Peu avant l’évacuation, les Allemands remirent plusieurs centaines de prisonnières, essentiellement des Françaises, aux représentants des Croix Rouge suédoise et danoise. Lorsque les troupes soviétiques libérèrent Ravensbrück, les 29 et 30 avril 1945, ils y trouvèrent 3 500 détenues malades et affaiblies.

Entre 1939 et 1945, plus de 130 000 prisonnières sont passées par le réseau de camps de Ravensbrück, et seules 40 000 y ont survécu. Les détenues venaient de tous les pays de l’Europe occupée par les Allemands, dont un quart de Pologne. Presque 15% des internées étaient juives, 20% étaient allemandes, 7% françaises et près de 5% Tsiganes.

 


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Ravensbrueck
Les camps nazis


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