Encyclopedie multimedia de la Shoah

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Hessisches Hauptstaatsarchiv Wiesbaden
  Bus utilisés pour le transport de patients vers le centre d’”euthanasie” d’Hadamar. Les fenêtres étaient peintes pour empêcher les gens de voir les personnes à l’intérieur. Allemagne, entre mai et septembre 1941.
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  LE PROGRAMME D'EUTHANASIE  

 

Le terme "euthanasie" (littéralement, "bonne mort") fait habituellement référence à l'administration d'une mort sans douleur à un malade atteint de maladie chronique ou en phase terminale. Dans l'usage nazi, cependant, le terme "euthanasie" désigne l'extermination systématique des handicapés physiques et mentaux accueillis dans des institutions, et ce, à l'insu de leurs familles.

On pense que la planification du Programme d'euthanasie commença au début du mois de juillet 1939. En octobre 1939, Hitler signa une autorisation secrète afin de protéger les médecins, le personnel médical et les administrateurs qui participaient au programme contre d'éventuelles poursuites ; cette autorisation fut antidatée au 1er septembre 1939, afin de laisser penser que le Programme d'euthanasie était en rapport avec les mesures de guerre. Cette opération secrète reçut le nom de code "T4", en référence à l'adresse berlinoise du bureau de coordination du programme (Tiergartenstrasse 4). Six installations de gazage furent finalement mises en place dans le cadre de ce programme : à Bernburg, Brandenburg, Grafeneck, Hadamar, Hartheim et Sonnenstein.

 

 
Les centres d'"euthanasie", Allemagne 1940-1945
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Les victimes du Programme d'euthanasie incluaient à l'origine les enfants et les adultes atteints de déficiences, d'anomalies physiques ou de maladies mentales. Les patients à exterminer étaient sélectionnés par les médecins du T4. Ces médecins examinaient rarement les patients, mais basaient souvent leurs décisions sur les dossiers médicaux et les diagnostics établis par le personnel des institutions d'où provenaient les victimes.

Ceux qui étaient sélectionnés étaient transportés par le personnel du T4 au "sanatorium" qui faisait office de centre de gazage. On annonçait aux victimes qu'elles allaient faire l'objet d'une évaluation physique et qu'elles allaient prendre une douche désinfectante. Au lieu de cela, elles étaient tuées dans des chambres à gaz avec du monoxyde de carbone pur. Leurs corps étaient immédiatement incinérés dans le four crématoire des installations de gazage. Les cendres des victimes incinérées étaient prises dans un tas commun et placées dans des urnes sans identification précise. Une urne était envoyée à la famille de chaque victime, avec un certificat de décès donnant une cause et une date fictives. Le décès soudain de plusieurs milliers de patients préalablement accueillis dans des institutions, avec des certificats de décès mentionnant des causes et des lieux de décès étrangement similaires, provoqua la suspicion. En fin de compte, le Programme d'euthanasie fut rapidement connu dans de vastes cercles de la société allemande.

 

 

Hitler donna l'ordre d'arrêter le Programme d'euthanasie fin août 1941, car les exterminations provoquèrent des protestations publiques, en particulier de la part de membres du clergé allemand. Cependant, cela ne signifia pas la fin de toutes les opérations d'euthanasie. En août 1942, les exterminations reprirent, mais en secret. Les victimes ne furent plus assassinées dans des installations de gazage centralisées, mais par injection mortelle ou surdose de drogue administrée dans un certain nombre de cliniques à travers l'Allemagne et l'Autriche. Bon nombre de ces institutions affamaient systématiquement leurs victimes, les adultes comme les enfants. Le Programme d'euthanasie se poursuivit jusque pendant les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale, en s'étendant pour inclure d'autres catégories de victimes : les soi-disant "asociaux", les patients en gériatrie, les victimes des bombardements et les travailleurs forcés étrangers. Les assassinats eurent aussi lieu à l'intérieur des camps de concetration.

 

 

Pendant la phase initiale des opérations, de 1939 à 1941, environ 70 000 personnes furent tuées dans le cadre du Programme d'euthanasie. Lors des débats du Tribunal militaire international à Nuremberg (1945-1946), on estima que le nombre total des victimes atteignit 275 000 personnes.

Le Programme d'euthanasie inaugura l'utilisation des chambres à gaz et des fours crématoires pour les exterminations systématiques. Les experts qui y prirent part contribuèrent plus tard à la mise en place et au fonctionnement des camps d'extermination de la "Solution finale".

 


Articles en Anglais

Articles complémentaires

Euthanasia Program
Les opérations de gazage


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