Encyclopedie multimedia de la Shoah

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National Archives
  Peu après la libération, des survivants des camps marchent au milieu des cadavres. Bergen-Belsen, Allemagne, après le 15 avril 1945.
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  BERGEN-BELSEN  

 

Le camp de Bergen-Belsen fut créé en 1940 au sud de deux petites villes : Bergen et Belsen, à environ 20 km au nord de Celle, en Allemagne. Jusqu'en 1943, Bergen-Belsen fut un camp de prisonniers de guerre. Y furent tout d'abord détenus des prisonniers de guerre français et belges puis, a partir de 1941, des prisonniers soviétiques. Les détenus mouraient de faim et de maladies.

En avril 1943, les autorités allemandes créèrent ce qu'ils appelèrent le "camp de résidence" de Bergen-Belsen, sur une portion du site du camp de prisonniers de guerre. Furent internés là plusieurs milliers de prisonniers juifs qui devaient être échangés contre des citoyens allemands détenus par les Alliés occidentaux. Très peu de détenus juifs furent en fait échangés. En février 1944, les Allemands permirent le départ d'environ 200 prisonniers pour la Palestine en l'échange de citoyens allemands en territoire britannique, et plus de 1 500 Juifs hongrois furent autorisés à entrer en Suisse contre paiement. Les Allemands espéraient que ces échanges faciliteraient les négociations de paix avec les officiels américains et britanniques. En juillet 1944, plus de 4 000 de ces Juifs "monnaie d'échange" étaient détenus à Bergen-Belsen. En décembre 1944, les Allemands transformèrent difficilement Bergen-Belsen en camp de concentration.

 

 
La défaite de l'Allemagne nazie, 1942-1945
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Au cours de son existence, le camp s'agrandit pour comprendre huit sections : un "camp de prisonniers", deux camps de femmes, un camp spécial, un camp neutre, un "camp étoile", un camp hongrois, et un camp de tentes. Le "camp de prisonniers" recevait des Juifs transférés des camps de concentration du Struthof-Natzwiller et de Buchenwald pour construire le camp. Il ferma en février 1944. En mars 1944, des prisonniers d'autres camps de concentration qui étaient trop malades ou n'étaient plus en état de travailler furent amenés à Bergen-Belsen, qui devint aisni une sorte de "camp hôpital". Le camp spécial reçut 2 400 Juifs de Pologne qui possédaient des papiers (en général des passeports ou des visas d'entrée de pays d'Amérique Centrale) délivrés par des pays étrangers. Les SS et la police allemande en déportèrent 1 700 à Auschwitz, où ils furent tous assassinés.

Le camp neutre fut réservé à 350 Juifs citoyens de pays neutres tels que l'Espagne, le Portugal, l'Argentine et la Turquie. Le "camp étoile" comptait quelque 4 000 prisonniers juifs, venant pour la plupart des Pays-Bas, qui étaient officiellement destinés à être échangés contre des citoyens allemands internés par les Alliés. Il n'était pas exigé des prisonniers du "camp étoile" qu'ils portent l'uniforme des camps, mais ils devaient avoir l'étoile jaune cousue sur leur vêtement (d'où le nom du camp). Le camp hongrois fut construit en juillet 1944 pour plus de 1 600 Juifs hongrois, que Heinrich Himmler (chef de la Gestapo et des Waffen SS) prévoyait d'échanger contre de l'argent et des marchandises, à la suite d'une négociation du président de la communauté juive de Budapest. 200 femmes juives françaises, dont beaucoup avait un mari prisonnier de guerre en Allemagne, et certaines accompagnées de leurs enfants, furent internées dans le camp.

 

 

Bergen-Belsen servit aussi de camp de regroupement pour les prisonniers malades et blessés transportés à partir d'autres camps de concentration. Ils étaient logés dans une section distincte, baptisée camp hôpital. Lorsque sa capacité fut dépassée, les prisonnières malades, dont Anne Frank, furent transférées au camp de tentes. De nombreux prisonniers gravement malades furent exterminés par des injections mortelles administrées dans l'infirmerie du camp.

 

 

Bergen-Belsen devint un centre de regroupement pour les prisonniers juifs évacués des camps les plus proches du front à mesure que les Alliés avançaient en Allemagne à la fin de 1944 et au début de 1945. L'arrivée de milliers de nouveaux prisonniers, dont bon nombre étaient des survivants des marches de la mort, entraîna un fort dépassement de la capacité d'accueil du camp. En février 1945, ils étaient déjà 22 000 prisonniers. Avec l'arrivée des prisonniers évacués de l'est, on comptait, le 15 avril 1945, plus de 60 000 prisonniers dans le camp. La surpopulation, les mauvaises conditions sanitaires et le manque de nourriture provoquèrent une épidémie de typhus. Pendant les premiers mois de 1945, des dizaines de milliers de prisonniers - l'estimatrion est de 35 000 -, moururent.

Le 15 avril 1945, l'armée britannique libéra Bergen-Belsen. Elle trouva dans le camp 60 000 prisonniers, gravement malades pour la plupart. Des milliers de cadavres reposaient sur le sol du camp, non enterrés. Plus de 10 000 anciens prisonniers, trop affaiblis, moururent après la libération. Après l'évacuation de Bergen-Belsen, l'armée britannique brûla complètement le camp pour éviter la propagation du typhus. Environ 50 000 personnes moururent dans le camp de concentration de Bergen-Belsen. Après la libération, un camp pour personnes déplacées, qui accueillit 12 000 personnes, fut créé dans les casernements de l'école militaire allemande, à proximité de l'ancien camp de concentration.

 


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