Encyclopedie multimedia de la Shoah

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Beit Lohamei Haghettaot
  Mordekhaï Haim Rumkowski, le président du Conseil juif (Judenrat) tiens un discours. Ghetto de Lodz, Pologne, entre 1941 et 1943.
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  LES CONSEILS JUIFS (JUDENRAETE)  

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands créèrent des Judenräte (au singulier, Judenrat), c'est-à-dire des conseils juifs. Ces administrations municipales juives servaient à transmettre et à appliquer les ordres et les législations des nazis. Les membres des conseils juifs eurent aussi la charge de fournir des services communautaires de base à la population juive enfermée dans les ghettos. Ils étaient à la fois des courois de transmission et des administrations complètes pour les Juifs, dont des unités de police.

Contraints d'appliquer les mesures nazies, les conseils juifs restent encore un sujet controversé et sensible - ils ont été accusés de collaboration -. Les présidents des conseils juifs devaient décider d'accepter ou de refuser les exigences allemandes, par exemple de fournir des noms de Juifs pour les déportations. A Lvov, Joseph Parnes fut tué pour avoir refusé de livrer des Juifs pour la déportation au camp de travail forcé de Janowska. A Varsovie, plutôt que d'aider à organiser les rafles de Juifs, le président du conseil juif Adam Czerniakow se suicida le 22 juillet 1942, le jour où les déportations commencèrent.

 

 

D'autres officiels des conseils juifs prônèrent l'obéissance, croyant que la coopération permettrait d'assurer la survie d'au moins une partie de la population. A Lodz, Mordechai Chaim Rumkowski, qui essaya en vain de convaincre les nazis de limiter le nombre de Juifs déportés, demanda aux résidents du ghetto d'obéir aux convocations en vue de la déportation. Rumkowski adopta aussi une politique de "secours par le travail", croyant que le travail intensif des Juifs leur éviterait la mort.

Les membres des conseils juifs se comportèrent différement face à la résistance. A Sosnowiec, Moshe Merin dénonça la résistance armée clandestine, pensant qu'elle mettait en danger l'ensemble du ghetto. A Vilnius, le président du conseil juif Jacob Gens décida de livrer le chef de la résistance clandestine Yitzhak Wittenberg, croyant sauver ainsi le ghetto de la liquidation. L'opposition des conseils juifs à la résistance provoqua souvent des rancoeurs au sein des organisation clandestines, qui parfois accusèrent les conseils juifs de collaboration avec les nazis (à Varsovie, la résistance clandestine attaqua la police juive, tuant son chef).

 

 

Certains présidents de conseil juif, comme par exemple Efraim Barasz à Bialystok, croyaient que la résistance ne devait se faire qu'en dernier ressort, lorsqu'un ghetto était sur le point d'être liquidé. A Kaunas, Elchanan Elkes aida activement la résistance. A Lachva et à Tuchin, les membres du conseil juif prirent part à des soulèvements. A Diatlovo, les membres du conseil juif organisèrent les groupes de partisans.

 

 

Les membres des conseils juifs durent faire face à des dilemmes insoutenables. On oublie souvent dans les débats sur la responsabilité des conseils juifs et de la police juive, les efforts que de nombreux membres et officiels des conseils juifs firent dans le cadre de leurs fonctions pour fournir de la nourriture, des services sociaux, économiques et culturels dans les conditions brutales et difficiles des ghettos.

 


Articles en Anglais

Articles complémentaires

Jewish Councils (Judenraete)
Les ghettos


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